La suie aurait un impact bien plus important dans le réchauffement climatique

La suie aurait un impact bien plus important dans le réchauffement climatique. Lutter contre les émissions de méthane et de suie serait plus efficace que limiter les émissions de CO2.

Brûler des combustibles fossiles libèrent tout un tas d’éléments. Des gaz à effet de serre, évidemment, mais de nombreuses autres particules, parmi lesquelles le noir de carbone, la suie, dont les effets sur le réchauffement pourraient avoir été grandement sous-estimés. Ce dernier a la capacité d’absorber et stocker la chaleur du soleil, ce qui ajoute encore à l’impact des gaz à effet de serre. Mais lorsqu’il se pose sur des surfaces claires, comme la neige, le noir de carbone diminue aussi leur capacité à renvoyer la chaleur vers l’Espace.

La suie aurait un impact bien plus important dans le réchauffement climatique

Pour le professeur adjoint Nobuhiro Moteki du Département des sciences de la et des planètes de l’Université de Tokyo (Japon), « comprendre l’interaction entre le noir de carbone et la du soleil est d’une importance fondamentale dans la recherche sur le climat. » Jusqu’à présent, les chercheurs ne connaissaient pas l’indice de réfraction du noir de carbone. Pour le calculer, les chercheurs de l’université de Tokyo ont isolé des particules de noir de carbone captées dans l’eau, pour une précision à nulle autre pareille. Et les résultats sont impressionnants, et effrayants. Les valeurs sur lesquelles les scientifiques s’appuyaient jusqu’ici étaient en réalité sous-estimées de 16 %.

Il convient donc désormais, selon ces experts, de prendre en compte cette nouvelle valeur de l’indice de réfraction du noir de carbone dans les modèles climatiques. Ce qui devrait avoir de graves conséquences. Pire encore, si l’on peut dire, il faudrait aussi appliquer leur méthode pour identifier d’autres particules pouvant avoir des propriétés optiques similaires.

Durant la seule année 200, environ 7 500 gigagrammes (Gg) de noir de carbone auraient été libérés dans l’atmosphère – avec une marge d’erreur importante, cela dit, pour un intervalle possible entre 2 000 et 29 000 Gg -. L’implication de ces particules dans le réchauffement climatique a déjà été maintes fois étudiée, mais il s’avère que son impact a été grandement sous-estimé.

Lutter contre les émissions de méthane et de suie serait plus efficace que limiter les émissions de CO2

Avec ces nouvelles données, les émissions de suie deviendraient le deuxième facteur anthropique agissant sur le réchauffement climatique, juste derrière le CO2, le méthane se trouvant relégué à la troisième place du podium. Pour être plus précis, l’impact du noir de carbone compterait pour 66 % de celui du dioxyde de carbone.

Cependant, il y a une grande différence entre le CO2 et la suie. Si le premier persiste plusieurs décennies dans l’atmosphère, la seconde ne reste que 7 à 10 jours. De fait, de nouvelles politiques de réduction de libération dans l’atmosphère de ce genre de particules pourraient avoir des résultats importants et rapides sur notre climat. Selon Piers Forster, de l’Université de Leeds, une vingtaine d’années de répit pourraient être gagnées.

Une autre conclusion de ces découvertes pourraient être la suivante : lutter contre le méthane et la suie serait plus efficace pour limiter le réchauffement climatique que de réduire les émissions de CO2. Et dans la mesure où le noir de carbone est très nocif pour la santé, en limiter les émissions ne peut être qu’une très bonne chose.

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources