La SNCF bientôt obligée de proposer les billets de la concurrence sur son application ?

Image d'illustration. Gros plan d un train sncf ADN
L’ouverture progressive du marché ferroviaire français à la concurrence soulève la question de l’intégration des offres des nouveaux opérateurs sur les canaux de vente de la SNCF, notamment via son application grand public dédiée à l’achat de billets.
Tl;dr
- Billets de tous opérateurs bientôt sur SNCF Connect dès 2028.
- Nouveau droit en cas de correspondance manquée adopté au Sénat.
- Projet de loi-cadre sur les transports en discussion.
Vers une ouverture élargie des ventes de billets ferroviaires
Les voyageurs pourront-ils acheter, via un seul clic sur l’application SNCF Connect, un billet pour un train opéré par Trenitalia ou Renfe ? Cette perspective s’est nettement rapprochée après l’adoption, jeudi, d’une mesure transpartisane au Sénat. L’objectif ? Imposer à la SNCF la commercialisation des billets de ses concurrents sur sa plateforme à compter de 2028. L’enjeu est clair : « faire primer l’intérêt des usagers », ont souligné plusieurs sénateurs favorables à cette avancée.
L’intérêt des usagers au cœur des débats
Ce dispositif, fruit du travail d’une mission d’information sénatoriale sur la billettique, a bénéficié du soutien du ministre des Transports, Philippe Tabarot. Selon lui, le gouvernement soutient fermement la volonté de simplifier le parcours digital et d’élargir l’offre ferroviaire accessible. Un compromis a permis de fixer la mise en œuvre au 31 décembre 2027, offrant ainsi aux opérateurs le temps nécessaire pour s’adapter à cette nouvelle donne.
L’écologiste Jacques Fernique, co-initiateur du texte, a salué une mesure permettant « de privilégier les besoins réels des passagers face aux logiques strictement commerciales ». Même son de cloche du côté de Didier Mandelli (Les Républicains), rappelant que « l’ouverture à la concurrence ne doit pas se transformer en chaos pour l’usager ».
Tensions et préoccupations autour du modèle français
Pourtant, les échanges n’ont pas été exempts de tensions. Certains élus ont manifesté leurs craintes quant à une éventuelle déstabilisation du modèle de la SNCF, insistant sur la nécessité d’inscrire ce dossier dans un cadre européen plus large. Le centriste Daniel Fargeot, inquiet, a exprimé ses réserves : « Nous n’avons pas le luxe de faire de la SNCF le rat de laboratoire de la Commission européenne. »
Nouvelles garanties pour les correspondances manquées et calendrier parlementaire chargé
Dans un contexte où les besoins en matière d’infrastructures ferroviaires modernes et financées restent massifs, les sénateurs avaient également voté dans la nuit précédente une disposition instaurant un « droit à la poursuite du trajet en cas de correspondance manquée ». Voici ce qu’elle prévoit :
- Aucune charge supplémentaire pour l’usager concerné.
- Mise en œuvre uniquement si l’ensemble des segments a été acheté lors d’une transaction unique.
Le projet de loi-cadre sur les transports continue ainsi son chemin parlementaire. Un vote solennel est fixé au 28 avril ; le texte sera ensuite transmis à l’Assemblée nationale, dont le calendrier reste encore indécis.