La colère des restaurateurs face à la généralisation durable des titres-restaurant en grande surface

Image d'illustration. Commerce de proximité, épicerie, supermarché. ADN
La récente décision de rendre définitive l’utilisation des titres-restaurant en supermarché provoque la colère des restaurateurs, qui craignent une baisse de fréquentation et dénoncent un coup dur pour leur secteur déjà fragilisé.
Tl;dr
- Pérennisation des titres-restaurant en supermarché dès 2027.
- Restaurateurs dénoncent pertes et déséquilibre fiscal.
- Dématérialisation totale des titres-restaurant confirmée.
Une réforme contestée au sein de la restauration
L’annonce de la pérennisation de l’usage des titres-restaurant dans les supermarchés, rendue publique le 17 juin 2025 par Véronique Louwagie, ministre déléguée au Commerce et aux PME, ne passe pas inaperçue. En effet, à compter du 1er janvier 2027, il sera possible d’utiliser ces titres pour des produits non immédiatement consommables en grande surface.
Si cette extension n’a cessé d’être prolongée depuis son lancement temporaire en 2022, elle cristallise aujourd’hui le mécontentement du secteur de la restauration.
Un secteur fragilisé selon les professionnels
Le principal syndicat du secteur, l’Umih, s’inquiète des conséquences. Pour Franck Chaumes, président de la branche restauration, il s’agit même d’une « catastrophe ». Depuis l’ouverture aux grandes surfaces, les pertes cumulées par les restaurateurs atteindraient près de 700 millions d’euros.
À cela s’ajoute un effet domino sur les finances publiques : « Les restaurateurs subissent une TVA plus élevée que les grandes surfaces. Résultat, cette mesure coûte cher à l’État alors qu’on évoque sans cesse la dette publique. »
Dématérialisation accélérée : bientôt la fin du papier ?
Dans ce contexte tendu, la ministre a aussi acté une autre évolution majeure : la dématérialisation complète des titres-restaurant. Les émetteurs sont sommés de ne plus conserver de stocks papier au-delà du 1er janvier 2027. Pour le syndicat patronal, cette transition aurait dû arriver plus tôt tant le format papier facilite les fraudes (plafond dépassé, achats non conformes).
Pistes pour un nouvel équilibre
Face à cette réforme critiquée, certaines propositions émergent pour tenter d’atténuer les disparités ressenties entre restauration traditionnelle et grande distribution. Parmi elles :
- Mise en place d’un double plafond d’utilisation : autour de dix euros par jour en supermarché contre vingt-cinq euros dans les restaurants.
Cette piste recueille un certain écho auprès du gouvernement. La ministre promet d’étudier « sérieusement la faisabilité juridique » de cette solution qui avait déjà été testée durant la crise sanitaire avec un plafond relevé à trente-huit euros pour soutenir le secteur.
Reste que si près de 96 % des Français, selon une étude récente, plébiscitent cet élargissement d’usage dans leurs courses quotidiennes, nombre de professionnels persistent à y voir un risque majeur pour l’avenir des brasseries et bouillons français.