Kérosène en tension : le patron de Ryanair alerte sur d’éventuelles pénuries dès juin

Image d'illustration. Vue large du cockpit moderne d un avionADN
Face à l’incertitude croissante sur l’approvisionnement en kérosène, le dirigeant de Ryanair alerte sur de possibles difficultés dès le mois de juin, soulignant les risques de pénuries pour les compagnies aériennes dans les prochaines semaines.
Tl;dr
- Pas de pénurie de kérosène en mai, incertitude pour juin.
- Conflit au Moyen-Orient impacte prix et approvisionnements.
- Ryanair prévient de possibles faillites parmi ses concurrents.
Des réserves suffisantes pour mai, inquiétude cr
oissante pour juin
Face à la presse italienne ce mercredi 22 avril 2026, le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, s’est montré rassurant quant à l’acheminement du kérosène dans les prochaines semaines.
Selon lui, « les compagnies pétrolières disent qu’il n’y aura pas de risques d’approvisionnement pour le mois de mai », mais passé ce délai, l’incertitude domine. Pour juin, aucune garantie ne peut être avancée. La cause principale ? Un contexte international particulièrement instable.
L’Europe dépendante du Golfe, menacée par la guerre au Moyen-Orient
Ce climat d’incertitude s’explique d’abord par la dépendance européenne : habituellement, près de la moitié du carburant aviation utilisé sur le continent provient des pays du Golfe. Or, avec le conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient, les chaînes d’approvisionnement sont sous tension. D’après O’Leary, « Tant que la guerre au Moyen-Orient se poursuivra et que Trump continuera à la gérer aussi mal, les prix du carburant resteront forcément plus élevés. » Le patron irlandais estime même que jusqu’à 20 % des livraisons nécessaires à ses opérations sont directement menacées.
L’impact financier se chiffre déjà en dizaines de millions
Sur le plan économique, la situation pèse lourdement. La hausse soudaine des prix du baril – autour de 150 dollars – a représenté un surcoût immédiat de 50 millions de dollars pour Ryanair, rien qu’en avril. Si cette tendance devait se poursuivre sur un an, la facture grimperait jusqu’à 600 millions. P
armi les zones jugées les plus vulnérables, le Royaume-Uni reste en première ligne : il tire une partie significative de son kérosène depuis le Koweït, actuellement frappé par l’impossibilité d’utiliser le détroit d’Ormuz.
Perturbations majeures à prévoir chez certains acteurs européens
La situation inquiète également pour l’automne prochain. À écouter le patron irlandais, si les prix ne baissent pas rapidement, « deux ou trois compagnies aériennes européennes pourraient faire faillite en octobre ou novembre, comme Wizz Air (…) et Air Baltic. C’est une bonne chose pour notre activité car il y aura moins de concurrents. » Signe tangible des difficultés actuelles : l’action Ryanair a reculé en Bourse sous l’effet des inquiétudes liées aux approvisionnements. Pourtant, contrairement à son rival direct Easyjet, la compagnie n’a pas jugé nécessaire – du moins pour l’instant – d’ajuster ses perspectives financières avant la publication de ses résultats annuels prévue le 18 mai.
Enfin, il convient de rappeler que si un vol est annulé faute de carburant disponible à l’aéroport – une hypothèse qui reste rare mais non impossible –, il ne s’agit pas d’un cas ouvrant droit à indemnisation supplémentaire pour les passagers selon les précisions apportées par Michael O’Leary.