En bref
- 59% des Américains doutent encore
- La diapositive 313 reste centrale
- Le tireur unique est contesté
Cinquante ans après, l’affaire John Fitzgerald Kennedy n’a rien d’un dossier refermé. Un sondage publié en avril montrait que 59% des Américains ne croyaient pas à la version officielle, celle d’un assassinat commis par Lee Harvey Oswald, seul.
Le contraste frappe encore. L’enquête officielle a désigné un seul homme, mais le meurtre du président américain, le 22 novembre 1963, continue d’alimenter les doutes, les discussions et les thèses concurrentes. Et si l’affaire tient autant, c’est aussi parce qu’elle a été filmée.
Un doute toujours massif dans l’opinion
Le point de départ, on le connaît. Kennedy est tué dans une voiture blindée, mais décapotable, aux côtés de sa femme. Selon la version officielle, Oswald est l’auteur du meurtre et le seul tireur.
Mais ce récit ne convainc pas une large partie du public. Depuis des décennies, pas mal de thèses remettent en cause cette conclusion. Le mystère reste entier sur les intentions exactes du tireur, et même sur le déroulé précis des tirs.
L’image qui a tout relancé
Une image concentre presque à elle seule les interrogations, la fameuse diapositive 313. Montrée lors de l’émission Good Night America sur ABC, elle correspond au moment où Kennedy reçoit la balle mortelle en pleine tête.
Le film de l’assassinat, souvent présenté comme l’une des vidéos les plus importantes de l’histoire des États-Unis, n’a pas circulé tout de suite. Une diapositive a été cachée pendant plusieurs années, avant que le film soit autorisé en mars 1975. Résultat, chaque image a été scrutée, parfois image par image.
Pourquoi la thèse du tireur unique est contestée
C’est là que le débat se durcit. D’après la version officielle, Oswald a tiré sur le président par l’arrière de la voiture. Or, sur la séquence de la balle mortelle, la tête de Kennedy semble partir vers l’arrière. Pour beaucoup, ce mouvement suggère la présence d’un autre tireur, placé devant la limousine.
Une explication a bien été avancée, l’accélération de la voiture aurait pu fausser ce mouvement. Mais une autre vidéo est venue compliquer cette lecture, puisqu’au moment du tir fatal, la limousine paraît être à l’arrêt.
Et il y a un autre point. John B Connally a lui aussi été blessé pendant l’attentat. Pour les partisans d’un complot, si un seul homme avait tiré, il n’aurait pas eu le temps de recharger assez vite entre les deux coups. Bref, un demi-siècle plus tard, l’image continue de peser presque autant que l’enquête.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi la diapositive 313 est-elle si souvent citée ?
Parce qu’elle montre l’instant de la blessure mortelle de Kennedy. Dans une affaire aussi scrutée, une seule image peut devenir centrale si elle semble contredire le récit officiel.
Qu’est-ce qui fragilise, aux yeux du public, la thèse du tireur unique ?
Le principal argument tient au mouvement de la tête du président, qui paraît partir en arrière alors que le tir officiel vient de l’arrière. S’y ajoutent la question de la position de la voiture et celle du délai nécessaire pour recharger.
Pourquoi cette affaire reste-t-elle si présente 50 ans après ?
Parce qu’il s’agit à la fois d’un assassinat politique majeur et d’un événement filmé. Quand les images existent, elles prolongent le débat au lieu de le refermer, surtout si elles laissent place à plusieurs lectures.
Le sondage signifie-t-il que la version officielle est abandonnée ?
Non. Il montre surtout qu’une majorité d’Américains n’y adhère pas complètement. C’est différent, mais politiquement et symboliquement, cela dit beaucoup sur la force durable du doute.