En bref
- Une rose et un livre offerts en librairie
- La fête défend le livre et la culture
- Les libraires alertent sur leur fragilité
La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur avait des airs de fête. Mais derrière le cadeau remis aux visiteurs, il y avait aussi un message plus appuyé sur la situation des librairies indépendantes.
Ce jour-là, les lecteurs et lectrices passés dans leur librairie indépendante favorite recevaient une rose et un livre. Le geste pouvait sembler simple. Il servait pourtant à rappeler que ces lieux ne vendent pas seulement des ouvrages, ils participent aussi à la diffusion du livre et de la culture.
Une fête du livre, mais pas seulement
L’objectif affiché par les libraires et l’association Verbes était double, défendre le livre, mais aussi sensibiliser le grand public. En gros, célébrer la lecture, oui, tout en attirant l’attention sur une réalité moins légère, celle des difficultés croissantes rencontrées par les librairies indépendantes.
Cette journée leur permettait donc de remettre en avant leur spécificité. Pas comme un simple décor culturel, plutôt comme un maillon important entre les auteurs, les livres et les lecteurs.
Une tradition catalane adaptée en français
L’événement existe depuis 1998. Il a été organisé par Marie-Rose Guarniéri, de la Librairie des Abbesses à Paris, également membre de l’association Verbes.
Son principe reprend celui de la Sant Jordi, fête catalane célébrée le 23 avril. Dans cette tradition, une rose est offerte aux dames et un livre aux messieurs. La version française en a gardé l’esprit, avec ce duo très parlant, la fleur pour le symbole, le livre pour le fond.
Un livre inédit distribué en tirage limité
Le livre offert portait le titre Une saison en librairie. Présenté comme un calendrier littéraire, il rassemblait douze extraits d’œuvres de Baudelaire, Camus, Proust, Balzac, Beckett, Céline, Duras, Flaubert, Genet, Rimbaud, Stendhal et Vian.
L’ouvrage était inédit et tiré à seulement 20 000 exemplaires. Il a été édité avec plusieurs partenaires, parmi lesquels Actes Sud, Flammarion, Livres Hebdo, Arctic Paper, Thierry Magnier, le Centre National du Livre et le Conseil régional d’Île-de-France.
Pourquoi les libraires voulaient alerter
Si cette journée tombait à ce moment-là, ce n’était pas un hasard. Depuis le 1er avril, la TVA sur les livres est passée de 5,5 à 7% en France. Pour des librairies déjà fragilisées, la hausse arrivait dans une période peu favorable.
Et la pression ne venait pas d’un seul côté. Les libraires indépendants devaient déjà composer avec la démocratisation du livre électronique, mais aussi avec la concurrence des vendeurs en ligne. Résultat, cette journée du livre servait autant à célébrer la lecture qu’à rappeler que ces commerces traversaient un moment difficile.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi offrir une rose et un livre ?
Ce choix reprend la logique de la Sant Jordi, une fête catalane du 23 avril. Dans sa forme d’origine, une rose est offerte aux dames et un livre aux messieurs. La version francophone a conservé cette association très visuelle entre le symbole affectif de la rose et l’objet culturel qu’est le livre.
Que contenait exactement Une saison en librairie ?
Il s’agissait d’un calendrier littéraire composé de douze extraits d’œuvres. Le livre mettait en avant des auteurs présentés comme fondamentaux et incontournables, avec des noms très installés dans le patrimoine littéraire français.
Pourquoi les librairies indépendantes se disaient-elles fragilisées ?
Plusieurs facteurs étaient mis en avant en même temps. La hausse de la TVA augmentait la pression immédiate, tandis que le développement du livre électronique et la concurrence des vendeurs en ligne pesaient déjà sur leur activité.
Quel rôle jouait l’association Verbes dans cette journée ?
L’association apparaissait au cœur de l’organisation avec les libraires. Son action allait dans le même sens que l’événement, défendre le livre, rappeler la place des librairies indépendantes et porter ce message auprès du grand public.