Intermarché doit se séparer de trois magasins acquis récemment dans le Grand-Est

Image d'illustration. Supermarché IntermarchéADN
Suite au rachat de 81 points de vente dans la région Grand-Est, Intermarché doit finalement se séparer de trois magasins. Cette décision intervient après l’examen des autorités de la concurrence, soucieuses de préserver l’équilibre du marché local.
Tl;dr
- Intermarché doit céder trois magasins à la concurrence.
- L’Autorité de la concurrence veut protéger le marché local.
- Départ de Colruyt : plus de 700 emplois supprimés.
L’équilibre du secteur sous surveillance
Depuis plusieurs mois, le secteur de la grande distribution française connaît une recomposition majeure. Suite au départ progressif du groupe belge Colruyt, implanté dans l’Hexagone depuis 1996, le réseau des points de vente subit une redistribution notable. En juin dernier, le groupement Les Mousquetaires Intermarché avait annoncé le rachat de 81 magasins sur les 105 que comptait encore son homologue belge en France, pour environ 215 millions d’euros. D’autres acteurs majeurs tels que Leclerc, Carrefour et Super U se sont également partagé plusieurs sites.
L’intervention décisive de l’Autorité de la concurrence
Cependant, cette opération d’envergure n’est pas passée inaperçue auprès de l’Autorité de la concurrence. Après analyse, celle-ci a exigé qu’Intermarché se sépare de trois magasins précisément situés à Poligny (Jura), Brazey-en-Plaine (Côte-d’Or) et Sainte-Foy-l’Argentière (Rhône). L’institution évoque un « engagement de cession » afin d’éviter tout risque d’atteinte à la concurrence locale. Ces magasins devront être revendus « à un ou plusieurs concurrents », comme elle l’indique dans un récent communiqué. Pour garantir une mise en œuvre conforme, le suivi sera confié à un mandataire indépendant agréé.
Craintes pour l’emploi local
Toutefois, au-delà des questions concurrentielles, ce vaste mouvement soulève des inquiétudes sociales. Si certains établissements ont trouvé repreneur – avec respectivement 14 sites récupérés par Leclerc, trois par Carrefour, deux par Super U – cinq autres magasins n’ont pas trouvé acquéreur à Carling et Faulquemont (Moselle), Sens (Yonne), Masevaux (Haut-Rhin) et Montchanin (Saône-et-Loire). Conséquence directe : selon les syndicats, ce sont déjà 53 emplois supprimés, une première étape dans une vague estimée à plus de 700 postes menacés en France. La région de Dole (Jura) serait particulièrement touchée avec près de 600 emplois concernés.
Diversifier l’offre pour préserver les consommateurs
En filigrane, l’objectif affiché par l’Autorité demeure limpide : maintenir une diversité suffisante sur chaque zone géographique afin que les consommateurs disposent d’alternatives réelles. Selon ses mots : « L’Autorité s’est assurée que les consommateurs bénéficient d’alternatives suffisantes, tant pour les courses du quotidien que pour des courses plus substantielles, qui peuvent nécessiter de faire des trajets plus longs. »
Pour résumer :
- Cessions obligatoires : éviter tout monopole local.
- Pertes d’emploi : conséquence directe du retrait de Colruyt.
- Diversité commerciale : priorité donnée à l’intérêt du consommateur.
Dans ce contexte mouvant, difficile d’entrevoir comment le paysage commercial régional s’ajustera. Une certitude pourtant : chaque décision pèse lourdement sur l’équilibre entre acteurs économiques… et sur le quotidien des salariés concernés.