En bref
- Les fourmis protègent des ravageurs suceurs de sève
- Une barrière collante bloque leur montée
- Contrôle hebdomadaire indispensable
Les fourmis ne s’attaquent pas forcément à l’arbre fruitier lui-même. Leur vrai effet, c’est ailleurs. En récupérant le miellat laissé par d’autres insectes, elles protègent ceux qui affaiblissent la plante et peuvent même les déplacer d’un végétal à l’autre.
Pourquoi les fourmis posent un vrai problème
Sur un arbre fruitier, leur présence peut donc aggraver une infestation déjà installée. Les insectes concernés sont connus des jardiniers, pucerons, psylles, aleurodes, cochenilles farineuses ou cochenilles molles. Tous produisent ce liquide sucré qui attire les fourmis.
Le souci, c’est que ces dernières montent la garde. Elles défendent ces ravageurs contre leurs prédateurs naturels, comme les coccinelles, certaines guêpes parasitoïdes, les chrysopes, les punaises prédatrices ou encore les araignées. Et quand elles déplacent ces insectes d’une plante à l’autre, le problème s’étend. Résultat, freiner les fourmis aide aussi à rétablir un écosystème plus équilibré autour de l’arbre.
La barrière collante, mode d’emploi
La solution la plus simple consiste à installer une barrière collante sur le tronc. Il faut pour cela une substance non toxique, à base de résines naturelles et d’huiles végétales, qui peut aussi freiner d’autres insectes grimpeurs qui ne volent pas.
Mais il ne faut pas l’étaler directement sur l’écorce. Sur un arbre jeune ou à écorce fine, le contact peut tacher, voire ramollir la surface. Mieux vaut poser d’abord une bande de protection, par exemple du ruban adhésif, un manchon en plastique ou en tissu, du carton ou du papier épais.
Cette bande doit former un collier d’environ 10 centimètres de large, sans pli ni ouverture. Elle peut être placée à la base du tronc, ou à environ 1,20 mètre du sol si l’arbre est au milieu d’une pelouse où les débris s’accumulent plus vite. Ensuite, avec une spatule jetable ou un couteau, on applique une couche très fine de colle sur les deux tiers de la bande. Gants conseillés, quand même.
Un dispositif à surveiller chaque semaine
Une barrière de ce type ne fonctionne pas toute seule pendant des mois. Avec le temps, elle se charge de poussière, de pollen, de boue, de débris et d’insectes morts. Et les fourmis peuvent s’en servir comme d’un petit pont pour passer.
Il faut donc vérifier la barrière chaque semaine, puis faire tourner la zone encollée pour remettre la face la plus adhésive à l’extérieur. Le remplacement est conseillé tous les mois, ou plus tôt si la surface est saturée.
Et ce n’est pas tout. Si des branches, des feuilles ou des rameaux touchent un mur, une clôture, le sol ou un autre arbre, les fourmis trouveront un autre chemin. Il faut les tailler au-dessus de la barrière et éviter aussi que deux houppiers se rejoignent. Dernier point, retirer le dispositif avant l’hiver.