Tl;dr
- Cerfs-volants testés en Irlande pour produire de l’électricité.
- Technologie installable en 24h, non invasive et mobile.
- Défis : sécurité, fiabilité, réglementation restent à relever.
Un nouveau souffle pour l’énergie éolienne sur la côte irlandaise
Dans les paysages fouettés par le vent du comté de Mayo, à l’ouest de l’Irlande, une expérience intrigante attire depuis quelques mois les regards. Là-bas, d’immenses cerfs-volants blancs fendent le ciel – non pas pour amuser les enfants, mais pour alimenter en électricité les batteries du futur.
La start-up néerlandaise Kitepower, portée entre autres par Padraic Doherty, expérimente ce que ses créateurs appellent déjà une petite « révolution » dans le secteur de l’énergie éolienne aéroportée.
L’innovation derrière le cerf-volant générateur d’énergie
Tout commence avec un engin étonnant : un modèle de 60 m² soigneusement hissé hors d’un hangar, puis acheminé vers un générateur grâce à une équipe mobilisée sur place. Une fois le cerf-volant relié par câble au générateur, il s’élève jusqu’à 400 mètres d’altitude avant de redescendre à 190 mètres, reproduisant sans relâche ce mouvement « façon yo-yo ou moulinet », pour reprendre la comparaison de Padraic Doherty.
Ce ballet aérien permet d’atteindre près de 30 kW de puissance, stockée ensuite dans des batteries similaires à celles utilisées dans le solaire. Selon ses concepteurs, un unique cerf-volant rechargerait ainsi une batterie de 336 kilowattheures.
Avantages concrets et premiers résultats prometteurs
Les promoteurs du projet mettent en avant plusieurs atouts :
- Mise en service rapide : installation possible en seulement 24 heures.
- Aucune fondation coûteuse ni lourdes infrastructures requises.
- Nette discrétion paysagère comparée aux éoliennes traditionnelles.
De plus, cette technologie a fait ses preuves lors d’un épisode météorologique marquant : pendant la tempête Eowyn, alors que des coupures touchaient l’ensemble du pays, le cerf-volant a pu fournir une électricité continue et fiable. Pour certains chercheurs tels que Mahdi Salari, de l’University College de Cork, la capacité à capter des vents puissants en altitude, couplée à une mobilité remarquable, rend cette solution particulièrement adaptée aux zones isolées ou mobiles.
Perspectives et défis à venir pour Kitepower
Si l’éolien occupe déjà une place essentielle — fournissant environ un tiers de l’électricité irlandaise selon Wind Energy Ireland (WEI) — son expansion se heurte à des obstacles administratifs et techniques. Le gouvernement ambitionne pourtant d’atteindre20 gigawatts offshore d’ici 2040.
Les cerfs-volants énergétiques pourraient apporter ici une réponse complémentaire là où « disponibilité du foncier, coûts ou contraintes logistiques » freinent l’installation des turbines classiques. Mais rien n’est encore gagné : réglementation stricte, exigences accrues de sécurité et fiabilité du système demeurent des enjeux incontournables pour que ces géants volants trouvent vraiment leur place dans le paysage énergétique européen.