En 2025, la rougeole flambe : quelles raisons derrière une hausse d’un tiers des cas ?

Éruption cutanée rouge vif en gros plan
Image d'illustration. Éruption cutanée rouge vif en gros plan — ADN

Depuis le début de l’année 2025, les autorités sanitaires constatent une hausse marquée des cas de rougeole, avec un tiers d’infections supplémentaires par rapport à l’année précédente, suscitant de vives inquiétudes sur les causes de cette augmentation.

Tl;dr

  • Forte hausse des cas de rougeole en France.
  • Baisse de la vaccination, principale cause identifiée.
  • Complications graves et deux décès signalés en 2025.

Rougeole : une résurgence inquiétante sur le territoire français

La situation est préoccupante : depuis le début de l’année 2025, plus de 700 cas de rougeole ont été recensés en France. Ce chiffre, rapporté par Santé publique France, dépasse déjà le bilan total de l’an passé et s’inscrit dans un contexte international de recrudescence du virus.

D’après le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste à l’Université de Genève, cette flambée s’explique en grande partie par une diminution alarmante du taux de vaccination.

Une maladie hautement contagieuse et potentiellement mortelle

Pour bien comprendre les enjeux, rappelons que la rougeole figure parmi les maladies les plus contagieuses au monde, selon l’OMS. Il suffit qu’une personne infectée respire ou tousse pour propager le virus dans son entourage. Cette infection virale provoque des éruptions cutanées « descendant de la tête vers les pieds en une semaine environ », explique le professeur Flahault. Mais au-delà des symptômes classiques, certains malades développent des formes sévères nécessitant une hospitalisation – c’est le cas pour un tiers des contaminés cette année.

Le bilan humain n’est pas anodin : « Deux décès sont à déplorer, survenus chez des personnes immunodéprimées », souligne l’épidémiologiste. Parmi les complications les plus redoutées figurent pneumonies (6 % des cas), encéphalites aiguës ou risques de cécité. Les femmes enceintes ne sont pas épargnées : contracter la rougeole peut s’avérer particulièrement dangereux pour elles et leur enfant à naître.

L’influence persistante des mouvements anti-vaccins

Si la maladie connaît un tel regain, c’est surtout à cause d’une couverture vaccinale insuffisante. « La rougeole se prévient totalement grâce à la vaccination », insiste le professeur Flahault. Or, selon lui, la diffusion massive d’idées fausses par certains mouvements anti-vaccins a entraîné un rejet croissant du vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) au sein de la population.

Résultat : seuls 95 % d’individus immunisés pourraient freiner l’épidémie… un seuil que nous sommes loin d’atteindre aujourd’hui.

Propagation géographique et recommandations pour se protéger

La répartition géographique montre que 60 départements sont concernés, avec une concentration notable dans le Nord (117 cas), les Bouches-du-Rhône, l’Isère, la Haute-Savoie, ou encore à Paris. À ce stade, aucune alerte n’a été lancée en Outre-Mer. Notons également que 14 % des contaminations seraient liées à des voyages récents à l’étranger.

Pour faire barrage à cette maladie évitable mais redoutable, les autorités rappellent qu’il n’existe qu’une solution efficace : Se faire vacciner gratuitement avec deux doses du vaccin ROR dès le plus jeune âge.

Face à la circulation internationale du virus et aux risques bien réels encourus par tous – enfants comme adultes – relancer la couverture vaccinale apparaît aujourd’hui comme une urgence sanitaire majeure.