Égypte : trois ans de prison pour un avocat qui appelait au viol des femmes aux jeans troués par « devoir national »
L'avocat égyptien Nabih el-Wahch vient d'être condamné par la justice de son pays à trois ans de prison pour avoir publiquement appelé au viol des femmes aux jeans troués par "devoir national".
En octobre dernier, l’avocat Nabih el-Wahch participait à un débat télévisé quant à un projet de loi qui prévoyait de durcir les lois anti-prostitution en Égypte. Lors de ces échanges, à la question de connaître son sentiment de voir une fille à moitié dévêtue dans la rue, soit en portant des jeans troués, Nabih el-Wahch avait répondu qu’il était du « devoir patriotique » des Égyptiens de harceler sexuellement cette femme, et du « devoir national » de ces hommes de la violer.
Une séquence qui aura indigné bon nombre de téléspectateurs, et quantité de plaintes d’avoir été émises auprès du procureur, incitant ce dernier à engager des poursuites en justice contre l’avocat, rapporte 20minutes.fr.
L’avocat Nabih el-Wahch n’était pas présent à son audience
Nabih el-Wahch a notamment été inculpé pour « incitation publique à enfreindre la loi » et « perturbation de l’ordre public ». N’ayant pas été présent à son audience samedi, sa condamnation de trois ans de prison a été prononcée par contumace. L’avocat a cependant la possible de faire appel de ce jugement.
La quasi-totalité de femmes harcelée en Égypte
On nous rappelle qu’une enquête de l’ONU rendue publique en 2013 révélait un chiffre effarant concernant le harcèlement des femmes en Égypte : 99% d’entre elles y sont ainsi confrontées, que ce soit par des paroles obscènes ou par voie physique au travers d’attouchements.
Plusieurs journalistes occidentales et locales ont fait l’objet d’agressions en Égypte, et l’on se souvient du cas médiatisé de Sonia Dridi, cette correspondante de France 24 qui avait subi des attouchements au Caïre en 2012 après avoir assuré un direct avec sa chaîne tant bien que mal. La journaliste avait ensuite rappelé l’attente des femmes égyptiennes vis-à-vis de la réponse du gouvernement face à ce fléau. Ces dernières années, des mesures anti-harcèlement ont bien été prises au sommet de cette république, et l’on observe aujourd’hui en Égypte des condamnations plus fréquentes pour les auteurs de tels actes d’incivilité.