Duralex cherche un repreneur, deux ans après sa reprise en Scop

Placée en redressement judiciaire début juin, Duralex cherche désormais un repreneur. Une nouvelle étape lourde d’enjeux pour ses salariés et ses investisseurs.

Pile de verres Duralex en gros plan
Image d'illustration. Le verrier Duralex ouvre une nouvelle phase. — ADN
  • Duralex cherche officiellement un repreneur
  • Date limite des offres fixée au 6 août
  • 11.000 investisseurs privés craignent pour leur argent

Duralex a enclenché la recherche d’un repreneur, avec une date limite fixée au 6 août à midi pour déposer les offres. L’annonce tombe moins de deux semaines avant une nouvelle audience au tribunal de commerce, alors que le verrier, implanté près d’Orléans dans le Loiret, a été placé en redressement judiciaire le 1er juin.

Fondée en 1945, l’entreprise veut passer par un plan de cession pour tenter de stabiliser sa situation économique. Résultat, la coopérative née de la reprise par les salariés en 2024 se retrouve déjà à un tournant.

Une vente relancée dans l’urgence

La direction l’a officialisé cette semaine, Duralex est à vendre. Le groupe cherche un acteur capable de l’accompagner dans le cadre de la procédure en cours.

Le calendrier pèse lourd. La décision intervient alors que l’entreprise venait déjà d’entrer en redressement début juin, signe que la seule protection judiciaire ne suffisait plus pour absorber les tensions de trésorerie.

La Scop rattrapée par une crise ancienne

En 2024, 60 % des 245 salariés avaient repris Duralex sous forme de Scop. Deux ans plus tard, le verrier connaît son cinquième redressement en une vingtaine d’années.

Dans l’intervalle, la direction a changé. François Marciano, ancien directeur général, et son fils Antoine Marciano, directeur financier, ont été licenciés. Une semaine plus tôt, les salariés avaient appris l’arrêt des lignes de fabrication pour au moins quinze jours, avec un objectif très concret, faire des économies et résorber 1,4 million d’euros de commandes en retard.

Des chiffres meilleurs qu’attendu, mais une trésorerie trop fragile

Pour attirer d’éventuels candidats, Duralex met en avant des indicateurs moins dégradés que prévu. Son chiffre d’affaires 2024-2025 est annoncé à 39 millions d’euros.

C’est plus que l’objectif de 35 millions d’euros qu’François Marciano visait pour 2027 afin de retrouver l’équilibre financier. Un objectif que des observateurs jugeaient déjà intenable. La direction souligne aussi l’existence de stocks importants, évalués à 24 millions d’euros.

Salariés, coopérative et petits investisseurs sous pression

La Confédération générale des Scop estime que la situation ne remet pas en cause le modèle coopératif lui-même. Selon elle, le problème vient plutôt d’une reprise sous-financée. L’organisation considère aussi que la revente est logique au vu de la trésorerie et assure que l’entreprise conserve un avenir industriel, avec un carnet de commandes en croissance.

Chez Lita, l’inquiétude porte sur les 11.000 investisseurs privés qui ont apporté 7 millions d’euros d’épargne au projet. À ce stade, rien ne garantit que les détenteurs de titres participatifs seront pris en compte dans l’offre retenue par le tribunal. En clair, une partie de ces petits investisseurs pourrait ne jamais récupérer son argent.