Droïdes : la série animée qui a bricolé le passé de Star Wars

Image d'illustration. Droïdes: Les Aventures de R2-D2 et C-3PODisney / PR-ADN
Bien avant les films préquels, une série animée de 1985 racontait déjà le passé de R2-D2 et C-3PO. Avec un détail canonique devenu franchement délicat.
En bref
- Diffusée en 1985-1986, la série Droïdes: Les Aventures de R2-D2 et C-3PO a duré une seule saison et visait un jeune public avec un budget élevé, avant d’être annulée.
- Elle suit R2-D2 et C-3PO dans des aventures indépendantes, sans Jedi ni personnages majeurs de la saga, avec quelques apparitions comme Boba Fett.
- Son statut canonique a ensuite posé problème avec les films, mais des explications ultérieures ont permis d’intégrer la série dans la chronologie Star Wars.
Le premier vrai préquel de Star Wars n’est pas un film. C’est une série animée lancée en 1985, bien avant que George Lucas ne boucle sa trilogie au cinéma. Son nom, Droïdes: Les Aventures de R2-D2 et C-3PO, et son idée était simple, suivre R2-D2 et C-3PO dans des aventures situées avant Un nouvel espoir.
Le premier trou de la chronologie comblé dès 1985
Diffusée à partir du 7 septembre 1985 sur ABC, la série faisait bloc avec Ewoks dans une case commune baptisée The Ewoks and Droids Adventure Hour. Produite par le studio canadien Nelvana, elle a tenu une saison de 13 épisodes de 30 minutes, avant de se terminer avec un spécial autonome de 48 minutes, The Great Heep, diffusé le 7 juin 1986.
À l’époque, le programme coûtait environ 500.000 dollars par paire d’épisodes. Pour une case du samedi matin, c’était beaucoup. Trop, visiblement, puisque ce niveau de dépense a pesé dans son annulation après une seule saison.
Une série pensée autour des deux droïdes
Le choix de centrer l’histoire sur les deux droïdes ne doit rien au hasard. Avec l’avenir de la saga encore incertain, George Lucas voulait des personnages assez sûrs pour raconter des histoires sans gêner d’éventuels films futurs. Résultat, pas de Jedi, pas de Rébellion, et quasiment aucun visage connu de la trilogie originale.
Le seul vrai retour notable côté casting, c’est Anthony Daniels, qui reprenait la voix de C-3PO. Le reste vivait en marge du grand récit, ce qui donnait à la série un statut un peu à part dans le canon. Pratique sur le moment, moins pratique après.
Un récit de trône perdu et de royaume à reconquérir
La série suit les deux droïdes au fil de plusieurs propriétaires. D’abord, ils croisent les pilotes de speeders Thall Joben et Jord Dusat, avec en face le criminel Sise Fromm et même une apparition de Boba Fett.
Puis cap sur un autre arc, avec le fermier Jann Tosh et une intrigue autour d’un prince exilé à remettre sur le trône de Tammuz-an. Enfin, la saison se referme avec Mungo Baobab, marchand-aventurier lancé dans l’ouverture d’une route commerciale vers le système Roon. C’est du Star Wars très périphérique, mais c’est bien du préquel.
Le casse-tête du canon
Le vrai problème est arrivé en 2005 avec La Revanche des Sith. Dans la fin du film, Bail Organa, joué par Jimmy Smits, confie les deux droïdes au capitaine Raymus Antilles, incarné par Rohan Nichol, à bord du Tantive IV. Une boucle assumée avec la réplique de C-3PO dans le film de 1977, quand il dit à Luke Skywalker, joué par Mark Hamill, que « notre dernier maître était le capitaine Antilles ».
Sauf que Droïdes: Les Aventures de R2-D2 et C-3PO, produit vingt ans plus tôt, occupait déjà une partie de cet intervalle, environ quinze ans avant Un nouvel espoir. La contradiction a ensuite été réparée dans Star Wars: The Ultimate Visual Guide, qui explique que les deux droïdes ont été accidentellement séparés d’Antilles avant de revenir à son service. La fin ouverte de la série, provoquée par son arrêt, a finalement sauvé les meubles. Et aujourd’hui, Droïdes: Les Aventures de R2-D2 et C-3PO est disponible en entier sur la plateforme de streaming Disney+.