En bref
- Les heures creuses deviennent plus rentables
- Baisse du tarif réglementé prévue en février
- Certains contrats vont basculer automatiquement
À partir du 1er février, les heures creuses devraient enfin peser davantage dans la facture. C’est le changement le plus visible des recommandations transmises par la Commission de régulation de l’énergie, la CRE, au gouvernement. Et pour beaucoup de foyers, c’est là que ça se joue.
Les heures creuses reprennent clairement l’avantage
Jusqu’ici, l’option heures pleines/heures creuses n’était pas toujours gagnante. Le seuil change. Il faudra désormais consommer au moins 26 % de son électricité pendant les heures creuses, contre 31 % auparavant, pour que cette formule coûte moins cher que le tarif de base.
Dit autrement, il devient plus simple de rentabiliser ce type d’abonnement. Aurian de Maupeou, cofondateur de Selectra, y voit une évolution très favorable et souligne que le mouvement se fait nettement en faveur des heures creuses.
Une baisse modeste, mais des prix repères déjà connus
La révision attendue des tarifs réglementés de vente d’électricité correspond à une baisse de 1,99 euro TTC par MWh, soit 0,83 %. Ce n’est pas spectaculaire, mais la direction est claire.
Pour les montants, la formule retenue reste simple, le prix TTC du kWh étant calculé avec le prix hors taxes, l’accise, puis la TVA à 20 %. En février, cela conduirait à un tarif d’environ 0,2065 euro par kWh en heures pleines, contre 0,1579 euro en heures creuses. Ces chiffres doivent encore être validés par le gouvernement.
Un point complique quand même la lecture pour le consommateur, la CRE n’affichant pas tous les prix TTC de façon exhaustive. Selectra a déjà reconstitué ces calculs.
Pourquoi la CRE pousse ce modèle tarifaire
Ce choix n’a rien d’anecdotique. L’électricité se stocke difficilement, donc lisser la consommation compte beaucoup. Si davantage d’usagers déplacent une partie de leurs usages sur les plages creuses, le réseau encaisse mieux les pointes.
Il y a aussi un enjeu lié aux énergies renouvelables, notamment au photovoltaïque. Le signal tarifaire sert donc à accompagner une consommation plus souple, plus adaptée aux moments où la production varie.
Des contrats qui vont changer pour certains abonnés
L’autre bascule, moins visible mais importante, concerne les contrats. Les clients dont la puissance dépasse 6 kVA ne pourront plus souscrire à l’option tarif base.
Et ce n’est pas tout. Au-delà de 18 kVA, les abonnés qui n’auront pas changé de contrat avant février 2027 seront transférés automatiquement vers l’option heures pleines/heures creuses, avec maintien de leur puissance actuelle.
On voit bien le mouvement. Le tarif unique recule peu à peu, au profit d’une électricité plus pilotée, plus technique aussi pour l’usager.
Vos questions, nos réponses
Qu’est-ce que le tarif réglementé de vente d’électricité ?
C’est le prix de référence encadré par les pouvoirs publics pour l’électricité. La CRE formule des recommandations, puis le gouvernement valide l’évolution. Quand ce tarif bouge, cela sert souvent de repère à une grande partie du marché.
Pourquoi le seuil de 26 % change-t-il autant de choses ?
Parce qu’il fixe le moment où l’option heures pleines/heures creuses devient plus intéressante que le tarif de base. En abaissant ce seuil, davantage de ménages peuvent y gagner sans modifier radicalement toutes leurs habitudes.
Que signifie un basculement automatique après 18 kVA ?
Cela veut dire qu’un client concerné ne pourra pas conserver indéfiniment le tarif base s’il n’a pas changé avant février 2027. Son contrat passera alors vers l’option heures pleines/heures creuses, sans changement de puissance souscrite.
Pourquoi la lecture de facture peut-elle rester compliquée ?
Le problème vient surtout de l’affichage partiel des montants TTC. Quand tous les prix finaux ne sont pas présentés de façon directe, il faut refaire le calcul à partir du hors taxes, de l’accise et de la TVA. Pour le grand public, ce n’est pas le plus lisible, clairement.