Des études récentes innocentent les œufs pour le cholestérol : découvrez les vrais coupables

Image d'illustration. Œufs cassés avec jaunes contrastésADN
De récentes études révèlent que la consommation d’œufs n’augmente pas le taux de cholestérol sanguin, contredisant ainsi une idée largement répandue. D’autres facteurs, souvent négligés, seraient en réalité responsables de l’élévation du cholestérol.
Tl;dr
- Les œufs n’augmentent pas le cholestérol sanguin.
- La graisse saturée est le principal facteur de risque.
- Un œuf par jour reste sûr pour la plupart.
Œufs et cholestérol : des idées reçues bousculées
Difficile d’imaginer un aliment plus controversé que l’œuf en matière de santé cardiovasculaire. Longtemps accusé de faire grimper le cholestérol, il se retrouve aujourd’hui réhabilité à la lumière d’études récentes. Notamment celle publiée en juillet dans le prestigieux The American Journal of Clinical Nutrition, qui remet en cause plusieurs décennies de préjugés.
Saturés, pas œufs : qui blâmer ?
Au fil des ans, la communauté scientifique a oscillé sur la responsabilité des œufs dans l’élévation du « mauvais » cholestérol (LDL). L’origine du doute ? Un œuf renferme environ 200 mg de cholestérol alimentaire, soit une grande partie des anciennes recommandations journalières. Pourtant, selon les dernières données, ce n’est pas tant le cholestérol contenu dans les aliments que les graisses saturées qui influencent négativement les taux sanguins. Comme le résume le Pr Jon Buckley, chercheur principal à l’University of South Australia, « C’est l’accompagnement gras du petit-déjeuner, bacon ou saucisse, qui pèse vraiment sur votre cœur ».
En pratique, des volontaires ont suivi trois régimes distincts durant cinq semaines chacun :
- Contrôle : beaucoup de cholestérol et graisses saturées, un œuf maxi par semaine ;
- Œufs : deux œufs par jour, mais peu de graisses saturées ;
- Sans œuf : peu de cholestérol, mais graisses saturées élevées.
Résultat sans appel : seules les graisses saturées faisaient grimper le LDL ; consommer deux œufs quotidiens abaissait même légèrement ce dernier.
Foie & alimentation : une relation complexe
Contrairement à une croyance tenace, la majorité du cholestérol sanguin provient non pas de notre assiette, mais du foie, qui module sa production selon nos apports. Autre nuance importante : augmenter sa consommation de cholestérol alimentaire peut parfois amener l’organisme à en fabriquer moins lui-même. D’après la diététicienne Melissa Mroz-Planells, « Le cholestérol alimentaire n’est plus vraiment considéré comme un ennemi majeur ».
Diversifier selon son profil santé
Reste que certaines exceptions subsistent. Les personnes atteintes d’hypercholestérolémie familiale, ou souffrant de troubles thyroïdiens ou rénaux spécifiques doivent demeurer prudentes quant aux apports en œufs entiers. Pour celles-ci, il vaut mieux privilégier les blancs d’œuf – là où graisses et cholestérol se concentrent le moins.
Enfin, pour tous – malades ou non – limiter globalement sa consommation de graisses saturées, soit moins de 13 grammes par jour selon l’American Heart Association, demeure essentiel pour protéger sa santé cardiaque sur la durée.
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