Des chiffres parfois « préoccupants » : les résultats des évaluations nationales du CP à la seconde dévoilés

Image d'illustration. Gros plan d un étudiant écrivant des réponses pendant une évaluationADN
Les dernières évaluations nationales menées auprès des élèves du CP à la seconde révèlent un panorama contrasté du niveau scolaire en France, certains indicateurs attirant l’attention des autorités par leur caractère alarmant dans plusieurs classes d’âge.
Tl;dr
- Résultats scolaires 2025 : stabilité générale, disparités persistantes.
- Progrès en CP, inquiétudes en collège, surtout en français.
- Écarts marqués selon milieux sociaux et niveaux scolaires.
Bilan nuancé pour l’année scolaire 2025
Le ministère de l’Éducation a rendu publics ce jeudi 20 novembre les résultats des évaluations nationales menées en septembre auprès de plus de sept millions d’élèves du primaire et du secondaire.
Un bilan qui se veut, selon les mots du ministère lors d’un échange avec la presse, « globalement stable par rapport à l’année 2024 », sans avancée majeure cette année, mais avec des évolutions notables selon les classes et matières.
L’école élémentaire : progrès timides et signaux d’alerte
En primaire, la photographie révèle une mosaïque de situations. Dès le CP, on observe une « progression » comparativement à 2019 : les fondements en lecture et numération semblent aujourd’hui mieux installés. Toutefois, le CE1 affiche un « recul en français qui appelle une vigilance renforcée », nuance l’administration. Pour le CE2 et le CM1, la tendance reste à la stabilité – ou à une légère amélioration, notamment en mathématiques. En CM2 enfin, si les acquis se maintiennent dans l’ensemble, quelques avancées émergent en grammaire et numération.
Le collège face à ses disparités croissantes
C’est au collège que la situation apparaît la plus contrastée. La classe de 6ᵉ confirme sa « progression continue » depuis l’introduction des évaluations en 2017, notamment via une baisse des faibles performances et un net progrès aux tests de fluence (lecture). Mais dès la 5ᵉ – niveau évalué pour la première fois cette année –, les écarts s’accentuent.
Ici, les chiffres témoignent d’inégalités sociales préoccupantes : alors que plus de la moitié (52,1 %) des élèves affichent une maîtrise satisfaisante du français au niveau national, ils ne sont que 34,6 % en REP (Réseau d’Éducation Prioritaire) et à peine un quart (24,9 %) en REP+. Les mathématiques connaissent également ces disparités.
Lycée : entre avancées mesurées et inquiétudes persistantes
Arrivés au lycée, les élèves montrent un profil « contrasté » : quelques progrès s’observent en mathématiques pour les secondes générales et technologiques ; cependant le niveau de français recule nettement. Le ministère note que désormais 20,1 % des lycéens se situent dans les groupes de bas niveau en français contre seulement 12,4 % il y a quatre ans.
Cette édition des évaluations nationales met donc en lumière :
- Stabilité globale, mais absence d’amélioration notable sur un an ;
- Alerte sur le français au collège et lycée, notamment dans les zones prioritaires ;
- Poches de progrès à l’entrée dans la scolarité obligatoire.
Dans ce contexte, si la dynamique sur le long terme reste positive pour certains niveaux du primaire comme du secondaire inférieur, l’urgence semble aujourd’hui se concentrer sur la réduction des écarts territoriaux et sociaux afin d’assurer à tous un accès équitable aux fondamentaux scolaires.