La capacité d’attirer des candidats à l’enseignement s’érode et rapidement, note la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi.
Il est axé sur « la formation initiale et le recrutement des enseignants des premier et second degrés », et les Sages de la rue Cambon notent qu’ont eu lieu « plusieurs réformes au cours des dernières décennies ».
Un « manque de lisibilité »
Mais selon la Cour, cette ossature « demeure instable » depuis 2010, année correspondant à l’élévation du diplôme exigé. L’institution estime que le « manque de lisibilité » de la dernière réforme, laquelle a il y a quatre ans déplacé les concours d’enseignement de la 1ere à la 2e année de master, a entre autres « conduit à un certain épuisement des acteurs ».
Le problème se pose d’une « difficulté croissante » d’embauche d’enseignants, avec notamment « des tensions de recrutement majeures » en ce qui concerne les académies de Créteil et Versailles.
Un large recours aux contractuels
En vue de palier ces soucis, un recours plus important aux contractuels et une « politique de recrutement active » ont été menés. Seulement, les Sages jugent qu’« une refonte plus globale des modes de formation et de recrutement des enseignants est nécessaire ».
Mais que recommande la Cour ? En ce qui concerne le recrutement, une diversification des viviers pour privilégier des publics en reconversion professionnelle. Ou, permettre « aux recteurs de mettre en œuvre de façon ciblée des mesures et moyens financiers spécifiques », et ce conseil concerne Créteil et Versailles.
Qui de la formation ?
En ce qui concerne cet autre délicat volet, la Cour recommande d’« instaurer pour les enseignants contractuels une formation obligatoire d’au moins une semaine ». Mais aussi, d’« inscrire l’accueil » des nouveaux enseignants « dans les projets d’école et d’établissement ».
Plus spécifiquement, pour le premier degré, est recommandée « la construction de véritables licences professionnalisantes conduisant à l’enseignement, et de façon privilégiée au master MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), devrait être fortement encouragée ».