Charente : faute d’un salaire suffisant, ce maraîcher va devoir rembourser les aides de l’État
L’agriculteur qui a quitté son emploi "traditionnel" pour exploiter la terre dénonce l’absurdité de l’administration.
Pierre-Henri Piron ne décolère pas. Ce maraîcher de la commune de Mouthiers-sur-Bohême (Charente) a cru bien faire en convertissant son exploitation sous le label « agriculture biologique ». Pour cela, il a reçu des aides de la part de Direction départementale des territoires (DDT) pour l’aider à franchir ce cap.
Mais faute de dégager des revenus suffisants, on lui réclame de rembourser une partie de ces aides ce qui, selon lui, ne fera que lui enfoncer encore un peu plus la tête sous l’eau.
Coup de gueule sur Facebook
C’est via sa page Facebook que le producteur a poussé son coup de gueule. Pierre-Henri Piron est installé depuis 2009 après avoir quitté son emploi pour devenir agriculteur. Il exploite depuis 7 hectares qu’il a convertis en bio et pour l’aider à franchir ce cap, il a reçu la dotation jeune agriculteur (DJA).
Mais s’il travaille d’arrache-pied, il parvient péniblement à dégager un revenu de 5561 euros par an de son exploitation, soit 460 euros par mois. Pour la DDT, cela n’est pas suffisant pour bénéficier des aides et on lui réclame aujourd’hui le remboursement de 30 % des sommes perçus jusqu’alors.
https://www.facebook.com/pierrehenri.piron/posts/1504811399646182
« Gagner assez, mais pas trop »
Au total et malgré tous ses efforts, l’agriculteur est loin des 12 444 euros de salaire annuel réclamés par l’administration et devra, en plus, rétribuer 5190 d’aides perçus.
« Après cinq ans d’installation, il faut gagner l’équivalent d’un SMIC, mais pas plus de trois ! Gagner assez, mais pas trop », déplore l’agriculteur auprès de nos confrères du Parisien. Une situation « ubuesque » pour le maraîcher qui assure qu’il a une clientèle suffisante pour faire décoller son exploitation qui mise sur la vente directe et les circuits courts. Pierre-Henri Piron va devoir plaider sa cause à la DDT pour ne pas avoir à rembourser la somme demandée.