En bref
- L’UE impose des labels IA dès dimanche
- Les deepfakes sont particulièrement visés
- Plateformes et entreprises doivent s’adapter vite
Vous allez voir plus de mentions IA sur le web. À partir de dimanche, dans l’Union européenne, de nombreux contenus créés ou manipulés avec l’intelligence artificielle devront être clairement signalés. L’objectif affiché par la Commission européenne, préserver la confiance du public dans ce qu’il voit, entend et lit.
Des labels vont apparaître sur des contenus très différents
La règle ne vise pas seulement les images spectaculaires qui circulent sur les réseaux. Les systèmes d’interaction avec le public utilisant l’IA, comme les chatbots, les assistants, les agents ou les avatars virtuels, devront être présentés comme tels.
Surtout, les fournisseurs de systèmes d’IA devront intégrer des marquages, notamment des filigranes numériques, afin de faciliter la détection des contenus produits avec ces outils.
Pour le grand public, le changement le plus visible concernera les deepfakes, qu’il s’agisse de textes, de sons, de vidéos ou d’images paraissant authentiques alors qu’ils ont été générés ou modifiés par l’IA. Les personnes et organisations qui diffusent ces contenus dans un cadre professionnel devront désormais le signaler.
Le cœur du texte vise l’info d’intérêt général
Le point le plus sensible touche aux contenus qui prétendent informer. Les textes destinés au public sur des sujets d’intérêt général, lorsqu’ils sont créés grâce à l’IA sans contrôle éditorial humain, devront eux aussi être étiquetés.
C’est là que le sujet dépasse la simple technique. L’Union européenne cherche à mieux séparer le réel de l’artificiel, et l’information de la désinformation. Dans un espace saturé d’images et de publications rapides, le label devient presque un repère visuel de base.
Bruxelles prévoit outils, délais et sanctions
Bruxelles a publié plusieurs modèles de petites icônes, « IA », « généré par l’IA » et « modifié par l’IA ». Un guide en ligne doit aussi aider les entreprises à se mettre en conformité.
Les contrevenants s’exposent à des amendes. Les systèmes d’IA déjà en circulation auront jusqu’au 2 décembre pour s’adapter. Des exemptions sont prévues pour les œuvres artistiques, satiriques, de fiction ou créatives, ainsi que pour les textes simplement édités avec l’aide de l’IA.
Les grandes plateformes n’ont pas attendu
Plusieurs groupes avaient déjà pris les devants. TikTok impose depuis plusieurs années à ses créateurs de signaler l’usage de l’IA. La plateforme affirme que plus de 3 milliards de contenus ont déjà été labellisés grâce à ses outils et à ses technologies de détection.
Chez Meta, une étiquette « AI Info » a été déployée sur Instagram et Facebook. De son côté, Google dit travailler sur des solutions de marquage numérique avec Nvidia, OpenAI et Apple, après avoir signé le code de conduite européen sur la transparence de l’IA.
Mais le groupe alerte aussi sur le risque de surcharge. Karen Massin, responsable des affaires européennes de Google, estime que trop d’étiquettes et d’avertissements juridiques pourraient semer la confusion. Et c’est sans doute le vrai test des prochains mois, rendre l’étiquetage utile sans noyer le lecteur sous les signaux.