Capgemini s’explique après la controverse liée à sa filiale collaborant avec la police ICE aux États-Unis

Le groupe Capgemini prend position à la suite des critiques visant sa filiale, impliquée dans des prestations pour l’ICE, l’agence américaine de l’immigration régulièrement contestée pour ses méthodes. L’entreprise précise son rôle et sa politique de responsabilité.

Tl;dr

  • Capgemini vend sa filiale liée à l’ICE américaine.
  • Syndicats et politiques saluent la décision, demandent transparence.
  • Crise éthique après la révélation du contrat controversé.

Un tournant pour Capgemini face à la polémique américaine

Face à une vive controverse, le groupe français Capgemini a annoncé ce dimanche 1er février 2026 la cession de sa filiale Capgemini Government Solutions, laquelle collaborait depuis des années avec la police fédérale américaine de l’immigration, l’ICE.

Cette décision intervient après la révélation d’un contrat attribué en décembre, portant sur un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères, alors que les débats sur l’éthique des partenariats technologiques explosent.

Des informations sensibles révélées, une direction sous pression

La polémique a éclaté lorsque l’association L’Observatoire des multinationales et plusieurs médias ont dévoilé les détails du contrat passé entre la filiale américaine de Capgemini et l’ICE. Selon les documents publics américains, le marché initial représentait 4,8 millions de dollars mais pouvait atteindre jusqu’à 365 millions en cas de succès. Déjà, depuis octobre dernier, la même entité fournissait des prestations similaires à hauteur de 7 millions de dollars. De quoi susciter une onde de choc tant dans les rangs syndicaux que parmi les responsables politiques français.

Dans un contexte déjà tendu par les suppressions d’emplois annoncées – jusqu’à 2 400 postes menacés en France –, cette crise vient ébranler davantage le géant coté au CAC 40, présent dans plus de cinquante pays.

Syndicats soulagés mais vigilants sur l’éthique interne

Les réactions n’ont pas tardé : plusieurs représentants syndicaux ont exprimé leur soulagement devant cette « voie de sortie ». Pour autant, certains rappellent que « le système de contrôle interne n’a pas marché » et insistent sur la nécessité d’y remédier. À la CFDT, Frédéric Boloré insiste pour voir « l’éthique davantage promue », tandis que du côté de la CGT, Benjamin Girard réclame une révision urgente des partenariats commerciaux.

Du côté politique également, la pression était forte. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a exhorté à plus de transparence sur ces collaborations. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a salué « une décision de responsabilité ». Même tonalité chez certains élus de gauche qui parlent d’une victoire du collectif : selon Manon Aubry (LFI) sur X, « La pression paie ».

Difficultés internes et mise en perspective internationale

Le directeur général Aiman Ezzat, qui dit avoir découvert ce dossier via « des sources publiques », souligne que la filiale concernée agit en autonomie sous législation américaine. Il affirme que le groupe n’a accès à aucune information classifiée.

Reste qu’en interne, la crise a marqué les esprits : jamais en trente-deux ans chez Capgemini, Frédéric Boloré (CFDT) n’avait vu telle tempête. Désormais, le groupe s’engage dans une nouvelle phase où il espère refermer ce chapitre délicat tout en affrontant d’autres défis sociaux majeurs.