Cannes 2021 : Un journaliste accuse le film « BAC Nord » de promouvoir le Rassemblement National

Traitant d'une histoire vraie dans les quartiers nord de Marseille, un journaliste irlandais pense que BAC Nord promeut le vote d'extrême-droite.

Vue aérienne des foules marchant sur le tapis rouge à Cannes, capturant l'excitation des participants au festival.
Image d'illustration. Vue aérienne des foules sur le tapis rouge à cannes — ADN

C’est le 13 juillet que BAC Nord a été présenté à Cannes. Un long-métrage retraçant l’histoire vraie de policiers de la BAC des quartiers nord de Marseille dont certains ont été condamnés à des peines, accusés de vols de drogue et d’argent. Et pour un journaliste irlandais présent à la projection, le film est très problématique dans sa représentation des habitants de ces lieux sensibles. Pire encore : selon lui, BAC Nord est un tract pour le Rassemblement National et Marine Le Pen. Une analyse politique que réfute Cédric Jimenez, réalisateur d’un long-métrage mettant notamment en scène Gilles Lellouche et François Civil.

Cédric Jimenez se défend de stigmatiser les habitants des quartiers nord de Marseille

« J’ai vu ça de l’œil d’un étranger et je me suis dit : « Peut-être que je vais voter Le Pen après ça » », a déclaré un journaliste après la projection de BAC Nord à Cannes. D’origine irlandaise, ce dernier accuse le film de véhiculer une image très négative des quartiers nord de Marseille. Selon lui, le long-métrage de Cédric Jimenez est un tract pour le Rassemblement National et Marine Le Pen.

Cédric Jimenez s’est défendu en précisant que les « policiers qui ne sont pas des anges… Mais en face non plus ». Le réalisateur explique aussi vouloir ouvrir le dialogue social et ne pas représenter l’ensemble des habitants du quartier :

Je pense, sincèrement, au contraire, que j’ai essayé avec le film de raconter des zones qui ont de grandes difficultés et qui peuvent paraître véritablement hostiles. Mais je ne pense pas qu’il faille régler ça avec un vote radical comme Marine Le Pen. Moi j’irais plutôt vers quelque chose de beaucoup plus social. On raconte la colère puisqu’on est avec des policiers. Les policiers ont affaire à des dealers, à des délinquants… Ils n’ont pas affaire à l’ensemble de la population des quartiers Nord qui est très importante à Marseille, puisqu’elle représente près de la moitié de la ville. C’est un point de vue, c’est un angle. Je ne pense pas que le film soit là pour dénoncer les zones de non-droit et pour attiser la colère. Au contraire.

BAC Nord, prévu pour le 18 août prochain, ne s’attendait sûrement pas à cette polémique.

Nassim Chentouf

Spécialiste Divertissement

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