Cannabis : les pédiatres s’alarment sur l’augmentation des intoxications chez les enfants de moins de 2 ans
L’ANSM s’inquiète de la banalisation du cannabis qui est parfois laissé à la portée des plus jeunes enfants.
Alors que le débat sur l’ouverture de boutiques dédiées aux produits à base de cannabis fait rage en France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) tire le signal d’alarme.
En effet, avec la banalisation du cannabis dans l’Hexagone, un problème particulièrement inquiétant gagne du terrain en France. Les pédiatres croisent en effet de plus en plus de cas de très jeunes enfants intoxiqués accidentellement par le THC. Des incidents qui peuvent avoir des conséquences très graves.
Les cas d’intoxication explosent
C’est via un communiqué publié sur son site internet que l’ANSM a tenu à alerter sur cette situation préoccupante. Selon les résultats d’une enquête menée sur la période du 1er janvier 2015 au 30 septembre 2017, l’agence a en effet relevé 2,5 fois plus de cas d’intoxications accidentelles au cannabis chez les enfants de 7 mois à 5 ans. Les enfants de moins de 2 ans sont les plus concernés. Dans le détail, ce sont 194 cas qui ont été signalés sur la période concernée contre 140 cas sur les 60 mois d’une première étude menée entre 2010 et 2014.
Ces intoxications ont nécessité 2 fois plus d’hospitalisations et les cas les plus graves, dans lesquels les enfants ont vu leur pronostic vital engagé, ont été 5 fois plus nombreux (27 enfants sur 194).
Dans le cadre familial
La majorité des intoxications interviennent dans le cadre familial et la période estivale et les fêtes de fins d’années sont les périodes où le danger est le plus important. Fort heureusement, aucun décès n’a été rapporté par l’ANSM, mais la tendance est inquiétante.
Pour les spécialistes, cette tendance est avant tout un « symptôme » générationnel. Il est en effet de plus en plus simple de trouver du cannabis et la consommation a doublé en France entre 1990 et 2000. La génération concernée est désormais en âge d’être parents. Aussi, la banalisation et la dédramatisation de la consommation de cannabis concourent à faire prendre moins de précautions aux consommateurs qui laissent souvent la drogue trop accessible aux jeunes enfants, contrairement à ce qu’ils pourraient faire avec des médicaments classiques.
L’ANSM conseille donc aux pédiatres et aux services d’urgence de systématiser la recherche de THC lorsqu’un enfant en bas âge est admis avec les symptômes liés à la consommation de THC (Somnolence, agitation, tachycardie, coma, convulsions…)