BYD envisage la reprise de sites industriels automobiles sur le sol européen

Le groupe chinois BYD, spécialiste de l’automobile, manifeste son intérêt pour le rachat de sites industriels sur le Vieux Continent. Cette démarche s’inscrit dans sa stratégie d’expansion et vise à renforcer sa présence sur le marché européen.

Byd
Image d'illustration. Byd — ADN

Tl;dr

  • BYD souhaite acquérir des usines automobiles européennes sous-utilisées.
  • Stellantis discute avec plusieurs groupes chinois pour céder des sites.
  • Des marques européennes historiques attirent aussi l’intérêt de BYD.

Effervescence autour des usines automobiles européennes

L’Europe assiste actuellement à un ballet inédit d’alliances et de négociations autour de ses sites industriels automobiles. Face à une surcapacité croissante, les grands constructeurs cherchent à redéfinir leur stratégie.

Parmi eux, le chinois BYD affiche ouvertement son appétit : la vice-présidente Stella Li a confié à l’agence Bloomberg que le groupe « recherche toute usine disponible en Europe, car nous voulons utiliser ce type de capacités excédentaires ». Mais le géant asiatique n’est pas seul sur ce créneau.

Des rapprochements stratégiques à plusieurs niveaux

Dernière illustration en date : Stellantis, propriétaire d’icônes telles que Peugeot, Citroën ou encore Fiat, multiplie les pistes. Après avoir confirmé vendredi un renforcement de sa coopération avec son partenaire chinois Leapmotor, le groupe prévoit que plusieurs modèles électriques sortiront prochainement des lignes espagnoles sous bannière commune. L’usine madrilène, notamment, est pressentie pour passer sous le contrôle de la coentreprise Stellantis-Leapmotor. Le directeur général Antonio Filosa n’écarte cependant aucun scénario : « Nous avons vu un intérêt à travailler avec Leapmotor. Mais nous pourrions également envisager d’autres partenaires », déclarait-il mardi.

Dans ce climat de réajustements permanents, d’autres groupes européens – freinés par un marché atone – seraient eux aussi ouverts à des accords similaires avec des industriels venus de Chine, y compris Volkswagen. Les discussions sont donc loin d’être closes.

Une offensive chinoise structurée et ambitieuse

En parallèle, les candidats chinois avancent leurs pions. Selon Bloomberg, Dongfeng, allié historique de Stellantis, aurait récemment dépêché une délégation sur le site breton de La Janais près de Rennes, dans l’optique d’un éventuel rachat. D’autres sites comme Cassino (Italie) et une usine en Allemagne figureraient également sur la table.

La stratégie diverge toutefois selon les acteurs : alors que BYD préfère exploiter directement ces infrastructures plutôt que via des coentreprises – jugées « plus faciles » par Stella Li – Leapmotor semble privilégier l’association avec les groupes européens déjà implantés.

Voici comment s’expriment ces ambitions :

  • Acheter ou gérer directement les usines existantes.
  • S’intéresser aux marques patrimoniales européennes en difficulté.
  • Cibler des pays stratégiques comme l’Italie ou la France.

L’avenir des marques européennes dans la balance

Outre la question industrielle pure, certains noms mythiques aiguisent l’intérêt asiatique. La marque Maserati, détenue par Stellantis et citée comme « très intéressante » par Stella Li elle-même, figure parmi les cibles potentielles – même si aucune démarche officielle n’a été entamée pour l’instant.

Ainsi se dessine progressivement une nouvelle cartographie industrielle du secteur automobile européen. Entre incertitudes économiques et désirs d’expansion venus d’Asie, la bataille ne fait peut-être que commencer.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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