Budget 2026 : Sébastien Lecornu frôle la censure, un second recours au 49.3 attendu

Image d'illustration. Le budget de la justice.ADN
Sébastien Lecornu a réussi à éviter de justesse une motion de censure lors des débats sur le budget 2026 à l’Assemblée nationale. Un nouvel usage du 49.3 est toutefois attendu pour faire adopter le texte budgétaire.
Tl;dr
- Le 49.3 sauve Sébastien Lecornu face à la censure.
- Le budget contesté mais adopté, malgré de vives critiques.
- Socialistes et Républicains refusent d’aggraver l’instabilité.
Un usage assumé du 49.3 face aux motions de censure
Ce vendredi 23 janvier 2026, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une séquence politique intense autour de l’adoption du budget, sous la houlette d’un Sébastien Lecornu affichant une forme de sérénité inhabituelle en ces circonstances. Après le recours au controversé article 49.3 en début de semaine, le Premier ministre s’est présenté devant les députés alors que plusieurs motions de censure, émanant du Rassemblement national et de l’ex-Nouveau Front populaire, étaient débattues.
Crispations et accusations lors des débats parlementaires
Les débats se sont rapidement tendus. Du côté des opposants, l’indignation était palpable. Le président insoumis de la commission des finances, Éric Coquerel, n’a pas mâché ses mots : il parle d’une « escroquerie », dénonçant tant le contenu du budget que la méthode jugée « abusive » du gouvernement. La cheffe du parti d’extrême droite, Marine Le Pen, déjà sous pression judiciaire à Bruxelles, a reproché à Sébastien Lecornu d’avoir trahi un « pacte solennel ». Elle n’a pas hésité à qualifier le texte de « Tchernobyl budgétaire », appelant les socialistes et républicains à assumer leur choix.
Des alliances fragiles, mais décisives pour éviter la crise
Pourtant, un constat s’impose des deux côtés de l’hémicycle : ce budget ne suscite pas l’enthousiasme. Selon Nicolas Ray, élu Droite républicaine : « Est-ce un budget idéal ? La réponse est non ». Cependant, plusieurs élus modérés refusent de soutenir les motions de censure. Pour eux, comme le résume la députée Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons) :
- L’adoption d’une motion plongerait le pays dans une instabilité prolongée.
- L’échec du texte risquerait d’entraîner une crise politique majeure.
Côté socialiste, la voix de Laurent Baumel appelle également à temporiser pour ne pas basculer dans une nouvelle crise institutionnelle.
Sébastien Lecornu maintenu à Matignon malgré les tensions
Au final, la première motion portée par la gauche échoue avec seulement 269 voix sur les 288 requises. Le Premier ministre peut donc conserver son poste et défendre un budget présenté comme issu d’un véritable « compromis parlementaire ». Quelques tensions subsistent cependant : lors de l’intervention du député écologiste Benjamin Lucas-Lundy, coupé par Lecornu, l’ambiance vire à l’accrochage avant que la présidente Yaël Braun-Pivet ne recadre le débat.
Ainsi s’achève une séquence où calculs politiques et inquiétude sur l’avenir institutionnel ont pris le dessus sur tout enthousiasme autour du budget adopté.