En bref
- Le doublement des franchises médicales est abandonné
- Une hausse liée à l’inflation reste envisagée
- Sébastien Lecornu dément plusieurs autres pistes budgétaires
Entre annonces, reculs et démentis, le gouvernement a revu sa copie sur un point sensible du prochain budget. La hausse brutale des franchises médicales, annoncée cet été, ne se fera pas sous la forme prévue. Et, dans le même temps, Sébastien Lecornu a rejeté plusieurs mesures présentées ces derniers jours comme acquises.
Une marche arrière sur les franchises médicales
Le changement le plus net concerne la santé. La ministre Stéphanie Rist a confirmé que l’exécutif renonçait à doubler, d’un coup, le plafond annuel restant à la charge des assurés, qui devait passer de 100 à 200 euros.
Ce plafond correspond aux sommes que les patients peuvent payer chaque année sur les médicaments, les consultations, les transports liés aux soins et les actes paramédicaux. Fin juillet, Stéphanie Rist défendait encore cette hausse au nom des besoins de financement du système de soins. Mais elle reconnaît désormais que l’annonce a été mal reçue et a pu paraître trop brutale.
Ce qui pourrait remplacer la hausse prévue
La mesure n’est pas enterrée pour autant. Le gouvernement travaille désormais sur une augmentation plus limitée, présentée comme une indexation sur l’inflation depuis 2005.
Selon Stéphanie Rist, le plafond actuel n’a jamais été revalorisé depuis cette date, alors que le coût de la vie a changé. Le ministère de la Santé n’a pas donné de nouveau montant. Mais les données de l’Insee montrent que les prix à la consommation, hors tabac et alcool, ont progressé d’un peu plus d’un tiers entre 2005 et 2025. En clair, la hausse resterait, mais elle serait bien inférieure au doublement annoncé.
Patients et soignants restent sur leurs gardes
C’est là que le sujet reste explosif. Les associations de patients avaient vivement contesté la première version. France Assos Santé y voyait une erreur lourde de conséquences pour les personnes vulnérables et celles qui cumulent les pathologies.
Même réserve chez plusieurs syndicats de soignants. MG France estimait que la mesure pèserait d’abord sur les patients en affection longue durée, donc les plus malades. Et le recul annoncé ne rassure pas tout le monde. Pour Yann Le Baron, de l’UNSA Santé et Sociaux, un doublement ou une hausse calculée autrement reviendrait, au fond, au même impact.
APL, RSA, impôt sur le revenu, le gouvernement dément
Le même jour, Sébastien Lecornu a rejeté publiquement plusieurs pistes d’économies évoquées ces dernières semaines. Sur X, il a assuré que la suppression des APL pour les étudiants, le gel du RSA ou du minimum vieillesse, la remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne et une hausse de l’impôt sur le revenu étaient fausses.
Dans son entretien, Stéphanie Rist a aussi pris ses distances avec l’idée d’une TVA sociale. À ses yeux, cette option ne suffirait pas, à elle seule, à répondre aux besoins de la Sécurité sociale. La discussion budgétaire, elle, ne fait que commencer.