Brandt convoité, mais la reprise industrielle semble hors de portée

Malgré l’intérêt manifesté pour la reprise de Brandt, les perspectives d’une véritable relance industrielle restent limitées. Les propositions en lice ne semblent pas suffisantes pour redonner à l’entreprise une dynamique de production durable en France.

Photographie du lave-vaisselle avec un intérieur éclatant et compartiments bien rangés
Image d'illustration. Vue large d un lave vaisselle vide — ADN

Tl;dr

  • 36 offres reçues pour la reprise des actifs Brandt.
  • Peu de propositions incluent la sauvegarde d’emplois.
  • L’État surveille de près la situation post-liquidation.

Des marques convoitées, des emplois en suspens

La situation de Brandt, ce fleuron historique de l’électroménager français, semble s’enliser depuis sa liquidation prononcée à la mi-décembre par le tribunal de Nanterre. Si pas moins de 36 candidats se sont manifestés pour reprendre certains actifs, l’immense majorité d’entre eux s’intéresse avant tout aux marques emblématiques — Brandt, Sauter, Vedette, ou encore De Dietrich — et aux stocks, laissant de côté le sort des usines et de leurs quelque 700 salariés.

Mises sur la table et intérêts divergents

Les offres reçues dessinent un paysage hétéroclite. On retrouve ainsi le groupe Cafom, spécialiste de l’équipement pour la maison outre-mer, qui a misé fort : avec une proposition avoisinant les 31 millions d’euros, il ambitionne de racheter non seulement les marques, mais aussi les stocks et les biens immobiliers situés à Orléans et Vendôme. D’autres acteurs visent plus modestement. Par exemple, le cuisiniste Mobalpa, via sa maison mère, le groupe Fournier, s’est positionné à hauteur de 500.000 euros pour acquérir la seule marque Sauter. Côté distribution grand public, on note que Fnac-Darty a formulé une offre de 2,9 millions d’euros englobant des marques et plus de 172.000 produits en stock. Quant au spécialiste du déstockage, le groupe Noz, il propose 4,5 millions d’euros pour récupérer divers produits destinés à la revente.

Dans cet ensemble foisonnant d’offres, une particularité se détache : seules quelques-unes envisagent réellement une reprise industrielle impliquant le maintien partiel des effectifs.

L’emploi, variable d’ajustement ?

Sur ce terrain sensible, rares sont les projets véritablement porteurs d’espoir pour les salariés. Une initiative collective menée par la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, épaulée par la région Île-de-France via la société Semavo, prévoit bien d’assurer la poursuite d’une activité industrielle sur le site de Saint-Ouen-l’Aumône avec à la clé 85 postes préservés sur environ cent. Mais ce type d’engagement demeure l’exception parmi les multiples dossiers déposés.

Voici quelques-uns des candidats identifiés :

  • Cafom : offre globale incluant immobilier et marques (31 millions €)
  • Noz : focalisé sur les stocks (4,5 millions €)
  • Mobalpa/Fournier : ciblant uniquement Sauter (500.000 €)

Parmi les autres prétendants, mentionnons encore le fabricant polonais Amica, qui propose 2,5 millions d’euros pour Brandt et Sauter. Plus inattendu : la start-up bretonne EverEver n’a pu aligner qu’une offre symbolique à 25.000 euros.

L’État en vigie dans l’attente du verdict final

Pour l’heure, le ministère de l’Économie demeure discret — se contentant d’affirmer suivre ce dossier « de près » depuis l’abandon du projet coopératif initialement porté par certains élus et salariés. Les liquidateurs disposent désormais de plusieurs semaines pour trancher entre ces multiples options ; dans l’ombre plane toujours cette incertitude qui pèse sur un pan entier du patrimoine industriel français.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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