Beyfortus contre Abrysvo : quel traitement protège le mieux les nourrissons de la bronchiolite ?

Image d'illustration. Vaccin et seringue en lumière focaliséeADN
Deux traitements, Beyfortus et Abrysvo, sont proposés pour prévenir la bronchiolite chez les nourrissons. Comparer leur efficacité permet aux parents et professionnels de santé de mieux choisir comment protéger les tout-petits contre cette infection respiratoire courante.
Tl;dr
- Beyfortus réduit davantage les formes graves de bronchiolite.
- Deux stratégies efficaces, mais Beyfortus recommandé dans certains cas.
- L’épidémie de bronchiolite progresse toujours en France.
Bronchiolite chez les nourrissons : deux stratégies sous la loupe
Chaque hiver, la France fait face à une recrudescence des cas de bronchiolite liée au virus respiratoire syncytial (VRS), maladie qui touche principalement les tout-petits. Pour contrer ce fléau, deux solutions de prévention sont désormais proposées dans l’Hexagone : le Beyfortus et le vaccin Abrysvo.
Mais entre ces deux options, laquelle se révèle la plus efficace ? C’est à cette question que s’est attaché à répondre le groupement scientifique EPI-PHARE, rassemblant l’ANSM et la Cnam, dont les résultats ont été publiés récemment dans la revue américaine The Journal of the American Medical Association (JAMA).
Beyfortus : une avance nette sur Abrysvo
Premier enseignement majeur de cette étude : l’anticorps monoclonal Beyfortus, administré directement au nourrisson, surpasse nettement le vaccin maternel Abrysvo, injecté à la future mère en fin de grossesse.
En analysant les données du Système national des données de santé (SNDS) lors de la première saison de déploiement simultané (2024-2025), plus de 42 000 enfants ont été suivis pendant près de trois mois. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le risque d’hospitalisation pour infection liée au VRS baisse de 26 % avec le Beyfortus par rapport à Abrysvo.
Mais ce n’est pas tout. Les réductions observées avec Beyfortus sur les formes sévères impressionnent : admissions en réanimation ou soins intensifs pédiatriques diminuées de 42 %, recours à l’oxygénothérapie en recul de 44 %, et intubations réduites de 43 % par rapport à l’autre stratégie.
Deux approches complémentaires… et un choix éclairé pour les parents
Bien que le Beyfortus affiche une efficacité supérieure selon ces nouveaux éléments, il ne faudrait pas enterrer l’utilité d’Abrysvo. Ces deux outils permettent globalement de réduire significativement – entre 65 et 85 % – le risque d’hospitalisation pour bronchiolite chez les nourrissons, d’après essais cliniques comme observations en conditions réelles. Les professionnels rappellent donc qu’il revient aux parents, accompagnés par leur médecin, d’opter pour la stratégie qui leur convient.
Dans certains cas précis cependant, la Haute Autorité de Santé préconise l’immunisation passive par Beyfortus :
- Nourrissons prématurés ou nés moins de 14 jours après vaccination maternelle ;
- Mère déjà vaccinée lors d’une grossesse précédente ;
- Maman immunodéprimée.
L’épidémie persiste sur tout le territoire français
Enfin, alors que cette étude fait date, il faut rappeler que l’épidémie actuelle continue sa progression. Selon le dernier rapport de Santé publique France, toutes les régions sauf la Corse restent touchées par une phase épidémique. Pour les familles concernées, l’information reste donc primordiale afin d’adapter au mieux la protection des plus petits contre ce virus redoutable.