ArcelorMittal nationalisé : le vote des députés n’éclaircit pas l’avenir incertain du sidérurgiste

Malgré l’adoption à l’Assemblée nationale d’un texte visant à nationaliser ArcelorMittal, l’incertitude demeure sur le futur du groupe sidérurgique, en raison notamment de la procédure législative et des nombreux défis économiques et industriels en jeu.

Gros plan de métal en fusion versé dans un moule en acier
Image d'illustration. L'industrie de l'acier. — ADN

Tl;dr

  • La nationalisation d’ArcelorMittal France votée à l’Assemblée.
  • L’avenir du texte reste très incertain au Sénat.
  • Le gouvernement s’y oppose, évoquant la concurrence asiatique.

Une proposition de nationalisation en plein tumulte industriel

Le jeudi 27 novembre 2025, un vote inattendu a secoué l’Assemblée nationale : les députés ont adopté une proposition de loi portée par La France insoumise, prônant la nationalisation d’ArcelorMittal France. Ce texte, qui va ouvertement à contre-courant de la position du gouvernement, intervient dans un climat de tension marqué par la fragilité de l’industrie sidérurgique française.

Il est vrai que cette filière subit actuellement de plein fouet des difficultés, dont un plan social annoncé par le géant mondial, avec près de 270 suppressions de postes prévues début novembre.

L’incertitude plane sur la suite parlementaire

Néanmoins, l’avenir de cette initiative législative demeure particulièrement incertain. Le projet devra affronter une nouvelle étape au Sénat, où la droite et le centre détiennent une majorité peu encline à soutenir une telle mesure.

La rapporteuse du texte, Aurélie Trouvé, n’a pourtant pas hésité à marteler que cette nationalisation serait « l’unique solution » pour préserver non seulement les 15 000 emplois directs du groupe mais aussi pour accélérer la nécessaire décarbonation des hauts-fourneaux. À ses yeux, sans action publique forte, la filière pourrait se heurter à des contraintes européennes décisives.

Un gouvernement en désaccord ouvert avec l’opposition

Face à cette proposition, le gouvernement est resté ferme : pas question pour lui d’envisager la nationalisation. Le ministre français de l’Industrie, Sébastien Martin, a mis en garde contre une décision qui « fragiliserait l’emploi au lieu de le protéger », pointant du doigt plutôt la concurrence redoutable venue d’Asie.

Les chiffres sont implacables : en 2024, la Chine a produit à elle seule plus d’un milliard de tonnes d’acier — soit bien plus que tous ses concurrents réunis — alors qu’à titre de comparaison, la France plafonne à seulement onze millions.

Soutiens partagés et mobilisation sociale autour du dossier

Si les bancs socialistes, écologistes et communistes se sont rangés derrière ce texte audacieux, le Rassemblement national a opté pour l’abstention. De leur côté, les députés proches du gouvernement ont affiché leur opposition franche lors d’un vote où ils étaient peu nombreux. Dans les tribunes du Palais-Bourbon ce jour-là, des salariés d’ArcelorMittal France, venus assister aux débats sous les applaudissements discrets des élus, témoignaient eux aussi de leur inquiétude pour l’avenir industriel français.

En résumé :

  • Nationalisation proposée : portée par LFI contre le plan social.
  • Désaccord gouvernemental : priorité donnée à la concurrence asiatique.
  • Avenir incertain : adoption difficile attendue au Sénat.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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