En bref
- Apple augmente fortement ses stocks pour se protéger des problèmes d’approvisionnement.
- La pénurie et la hausse du prix de la mémoire, poussées par l’IA, renchérissent ses produits.
- Malgré de bonnes ventes, Apple anticipe un ralentissement et une période plus incertaine.
Le chiffre claque un peu. Apple a déclaré 11,1 milliards de dollars de stocks, contre 5,7 milliards de dollars en septembre dernier. Pour un groupe qui a longtemps fait de la logistique ultra-serrée une signature, ce n’est pas un détail.
Un virage rare dans la machine Apple
Chez Apple, garder trop de produits ou de composants en réserve n’a jamais été la méthode maison. C’est justement ce qui rend ce mouvement notable. Si le groupe gonfle ainsi son inventaire, c’est qu’il anticipe des blocages plus sérieux sur sa chaîne d’approvisionnement.
Tim Cook a d’ailleurs reconnu que la demande restait élevée, mais que la flexibilité de la supply chain était plus faible, avec un impact des contraintes d’approvisionnement appelé à augmenter nettement d’un trimestre à l’autre. Il a aussi résumé la situation plus franchement, en expliquant que Apple allait en gros devoir se débrouiller côté approvisionnement. Pas très rassurant.
La mémoire manque, et les prix suivent
Le nœud du problème, c’est la mémoire. La ruée sur le matériel portée par l’IA générative fait grimper la demande en composants, au point que Tim Cook parle d’une sorte de crue centennale sur les prix de la mémoire. Et ce choc touche directement le coût de fabrication des iPhone, des MacBook et du reste.
La difficulté la plus sensible concerne les nœuds mémoire avancés utilisés avec les puces Apple silicon, celles qui alimentent les séries A et M dans les iPhone et les Mac. Résultat, Apple a relevé le mois dernier, à contrecœur selon Tim Cook, les prix des Mac et des iPad.
Et le groupe n’est pas seul. Meta, Microsoft, Sony et Samsung ont eux aussi augmenté leurs prix sur le hardware.
Des ventes solides, mais un trimestre sous pression
Le contraste est réel. Apple sort de ce qu’il décrit comme son meilleur trimestre de juin, avec des ventes d’iPhone en hausse de 22% sur un an, et des Mac à +29%. Clairement, la demande est là.
Mais pour le trimestre qui arrive, le groupe vise une croissance de chiffre d’affaires comprise entre 9% et 11% sur un an. C’est moins que les quelque 16% de progression annuelle tenus ces derniers trimestres. Les investisseurs ont tiqué, et l’action a perdu 6% dans les échanges après Bourse.
En septembre prochain, John Ternus, actuel vice-président senior en charge de l’ingénierie matérielle, doit prendre le relais comme directeur général. Il pourrait débarquer dans une zone un peu agitée. Les ventes tiennent, oui. La suite, elle, dépend beaucoup d’une mémoire devenue le vrai boss du moment.