En bref
- Les ayants droit d’Elvis Presley réclament environ 41 millions de dollars à Anthropic pour l’utilisation présumée non autorisée de 274 chansons.
- Ils accusent l’entreprise d’avoir enfreint le droit d’auteur et contourné des protections numériques.
- Cette affaire s’ajoute à plusieurs poursuites contre les entreprises d’IA concernant l’utilisation d’œuvres musicales protégées.
Entraîner une IA sur des œuvres protégées peut coûter très cher. La nouvelle plainte visant Anthropic en donne une version très concrète, avec une demande de réparation d’environ 41 millions de dollars pour l’utilisation présumée non autorisée du répertoire d’Elvis Presley.
Un dossier colossal autour d’un seul artiste
Les propriétaires et gestionnaires des droits liés à la musique d’Elvis Presley accusent Anthropic d’avoir entraîné ses modèles sur 274 chansons sans autorisation. Parmi les parties engagées figurent Authentic Brands Group, Raleigh Music Publishing, plusieurs trusts et au moins une personne physique.
Le montant réclamé frappe d’autant plus qu’il ne concerne qu’un seul artiste, disparu il y a près de cinquante ans. Et pas n’importe lequel. La plainte rappelle qu’Elvis Presley a vendu plus d’un milliard de disques et que ses œuvres comptent parmi les plus précieuses au monde.
Ce que reprochent exactement les ayants droit
Le dossier ne se limite pas à l’entraînement des modèles. Les plaignants accusent aussi Anthropic d’avoir contourné des protections DRM et d’avoir supprimé ou modifié les informations de gestion du droit d’auteur sur 247 morceaux.
La plainte, déposée le 23 octobre, cite notamment Don’t Be Cruel, A Little Less Conversation et Can’t Help Falling in Love. Leur avocat principal, Richard Busch, affirme que les ayants droit cherchent à faire respecter leurs droits exclusifs face à une entreprise qui, selon lui, a bâti tout son modèle économique sur une violation du copyright à une échelle inédite.
Anthropic n’est pas seule dans la tempête
Cette affaire s’ajoute à une série de procédures visant les entreprises d’IA. Sony et Warner ont récemment attaqué Anthropic pour ce qu’ils décrivent comme une violation flagrante du droit d’auteur portant sur des milliers d’œuvres.
Avant cela, Universal Music et Concord Music Group avaient déjà déposé une action similaire. Leur accusation portait sur le téléchargement illégal et l’entraînement de modèles à partir de 20.000 chansons protégées. Dans ces dossiers, les dommages réclamés se chiffrent en milliards de dollars.
Pourquoi l’affaire Elvis frappe plus fort ?
Le cas Elvis Presley sort du lot parce qu’il se concentre sur un seul musicien, mort bien avant l’arrivée de l’IA générative. C’est sans doute ce qui rend l’affaire plus parlante pour le grand public.
De son côté, Anthropic a déjà défendu l’idée que l’entraînement de ses modèles sur de la musique protégée relevait du fair use. L’entreprise a fait savoir qu’elle contestait les accusations et comptait se défendre devant la justice. Clairement, la bataille ne fait que monter.