En bref
- 1,1 million de bénéficiaires seulement
- Le gouvernement assume la demande en ligne
- Un rapport parlementaire réclame une refonte
Entre l’aide promise et l’aide réellement touchée, l’écart est net. L’aide carburant de 100 euros n’a été versée qu’à 1,1 million de Français, soit un peu moins de 40% des personnes éligibles selon Maud Bregeon. Et c’est précisément ce décalage qui alimente aujourd’hui la bataille politique.
Un dispositif prolongé, mais loin d’avoir trouvé son public
Pensée pour les gros rouleurs aux revenus modestes, cette aide devait amortir la hausse des prix à la pompe. Dans les faits, le nombre de bénéficiaires reste très inférieur au public visé.
Pour l’instant, le gouvernement a choisi de prolonger le dispositif jusqu’en juillet. Maud Bregeon a indiqué qu’un bilan serait tiré à cette échéance. La suite dépendra aussi du contexte international, alors que les tensions qui reviennent au Moyen-Orient pèsent de nouveau sur les cours du pétrole.
Le gouvernement revendique une aide sur demande
Du côté de l’exécutif, pas question de parler d’échec. La porte-parole du gouvernement a expliqué sur BFM TV que cette aide reposait volontairement sur une démarche active des bénéficiaires.
Concrètement, il fallait faire une demande en ligne pour obtenir la somme. C’est cette logique, assumée par le gouvernement, qui expliquerait pourquoi tant d’éligibles ne l’ont pas perçue. Maud Bregeon, elle, défend aussi cette lecture du dossier.
Le rapport parlementaire attaque un système trop ciblé
En face, le ton est beaucoup plus dur. Dans un rapport commandé par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le député socialiste Philippe Brun juge le dispositif « sous-utilisé ».
Selon lui, les critères d’attribution sont trop resserrés pour produire un impact réel. Il estime aussi que les 100 euros sont trop faibles pour les ménages ruraux, surtout les plus modestes, qui subissent directement la hausse des carburants. Son rapport décrit même le dispositif français comme particulièrement anecdotique au regard de ce qui a été fait ailleurs.
La piste d’une fiscalité flottante relance le débat
La principale alternative avancée par Philippe Brun tient en une fiscalité flottante sur les carburants. Le mécanisme serait simple, les taxes baisseraient quand le prix du brut monte, puis remonteraient quand il baisse.
Le député s’appuie sur l’exemple de l’Espagne, qu’il juge plus efficace. Maud Bregeon rejette cet argument. Elle estime que si l’Espagne peut financer ce type d’aides, c’est parce qu’elle a engagé des réformes, notamment sur les retraites.
Le débat dépasse les seuls 100 euros. Il pose une question plus large, celle de la méthode choisie pour protéger les automobilistes quand le pétrole repart à la hausse.