Le rapport qui relance la question des drogues prises par Hitler

Un document secret de l’armée américaine, remis en lumière par Channel 4, décrit Adolf Hitler comme un consommateur régulier de méthamphétamine.

Historien consultant un rapport sur Hitler
Image d'illustration. Un rapport relance la question des drogues. — ADN

En bref

  • Adolf Hitler prenait régulièrement de la méthamphétamine
  • L’addiction est décrite comme confirmée dès 1943
  • Un rapport américain écarte d’autres rumeurs physiques

La guerre a aussi circulé dans les veines. Un documentaire de Channel 4 remet en lumière un rapport secret de l’armée américaine qui décrit Adolf Hitler comme un consommateur régulier de méthamphétamine, la substance aujourd’hui connue sous le nom de « crystal meth ».

Une drogue d’abord pensée pour tenir

Apparue en 1937, la méthamphétamine servait au départ à traiter l’asthme. Mais l’armée allemande y a vite vu autre chose, un produit capable de repousser la fatigue et de maintenir la concentration.

Pendant le début de la Seconde Guerre mondiale, les soldats allemands ont ainsi été encouragés à en prendre pour rester éveillés. Le mécanisme est simple, et brutal, plus d’énergie sur le moment, puis le revers. Le caractère addictif du produit s’est manifesté rapidement, avec des symptômes de manque chez de nombreux militaires et des cas de toxicomanie.

Chez Hitler, une consommation installée

Dans le cas de Adolf Hitler, la méthamphétamine ne semble pas avoir été un détail. Le rapport évoque un homme déjà grand consommateur de médicaments, qui testait aussi des traitements non reconnus prescrits par son médecin personnel.

Le schéma, lui, est limpide. Des stimulants pour tenir, des sédatifs pour dormir. En gros, un usage destiné à régler artificiellement le corps selon les besoins du moment. L’addiction de Hitler est présentée comme confirmée à partir de 1943.

Ce point compte, parce qu’il replace cette consommation dans une période où le régime nazi entre dans une phase plus tendue de la guerre. Le contraste est fort, un chef censé incarner le contrôle s’appuie en réalité sur des substances très lourdes.

L’été 1943 comme moment révélateur

Un épisode précis ressort. La consommation de méthamphétamine par Adolf Hitler a été constatée avant une rencontre avec Benito Mussolini, en juillet 1943.

Ce jour-là, Hitler se serait montré très agité, au point de rendre l’entrevue houleuse. Ce n’est pas la preuve de tout, mais c’est un indice concret, situé, daté, qui donne du poids au dossier.

Le même rapport des services secrets américains n’a pas validé d’autres rumeurs longtemps relayées sur sa vie intime ou sur une supposée anomalie de ses organes sexuels. Bon, le document ne ferme pas tous les débats historiques, mais il resserre clairement le sujet sur ce qu’il établit, une consommation régulière de drogues, et en particulier de méthamphétamine.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi la méthamphétamine intéressait-elle les militaires ?

Parce qu’elle agit comme un stimulant puissant. Dans le contexte de guerre évoqué ici, elle était recherchée pour aider à rester éveillé plus longtemps et pour limiter la sensation de fatigue, au moins sur une courte durée.

Que signifie exactement une addiction confirmée en 1943 ?

Cela veut dire que le rapport présenté situe à cette date un usage assez net pour parler de dépendance, donc pas une prise occasionnelle ou anecdotique. On parle d’un recours installé, avec une logique de consommation répétée.

Le rapport dit-il autre chose sur l’état de santé d’Adolf Hitler ?

Oui, à sa manière. Il montre surtout un recours large aux médicaments, avec des stimulants et des sédatifs, ainsi que des traitements non reconnus. En revanche, il ne confirme pas certaines rumeurs anciennes sur sa sexualité ou sur son anatomie.

Pourquoi l’épisode avec Benito Mussolini est-il autant cité ?

Parce qu’il donne un point d’appui très concret. Il y a une date, un contexte diplomatique et une description du comportement d’Hitler, présenté comme agité avant une entrevue difficile avec Mussolini. Pour un dossier historique, ce type de scène pèse plus qu’une affirmation générale.

Alexandra Fleurisson

Spécialiste Politique

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