À la tête de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin perçoit une rémunération particulièrement élevée

Image d'illustration. Budget économieADN
Amélie de Montchalin, récemment nommée à la tête de la Cour des comptes, bénéficie d’une rémunération particulièrement élevée, qui attire l’attention alors qu’elle entame ses nouvelles fonctions à la tête de cette institution clé du contrôle public.
Tl;dr
- Amélie de Montchalin devient première femme présidente de la Cour.
- Nomination controversée à seulement 40 ans.
- Salaire annuel brut estimé à 147 098 euros.
Une nomination qui bouscule les codes
Rarement une prise de fonction aura suscité autant de réactions. Ce lundi 23 février 2026, Amélie de Montchalin a officiellement quitté le ministère des Comptes publics pour endosser le rôle de présidente de la Cour des comptes. Âgée de seulement quarante ans, celle qui fut longtemps considérée comme une figure montante du macronisme, incarne désormais la première femme à diriger cette institution bicentenaire, succédant ainsi à Pierre Moscovici. Si l’Élysée, et particulièrement Emmanuel Macron, a souhaité cette nomination, le choix n’en demeure pas moins discuté dans les cercles politiques et administratifs.
Retour sur un parcours accéléré
Depuis son entrée en politique, la trajectoire d’Amélie de Montchalin s’est révélée fulgurante. Passant successivement par le poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes, ministre de la Fonction publique puis ministre de la Transition écologique – un portefeuille qu’elle a laissé après sa défaite aux législatives en 2022 – elle avait pris en main les Comptes publics depuis 2024. Dimanche dernier, un décret publié au Journal officiel a mis fin à ses fonctions ministérielles ; il a également officialisé la nomination de David Amiel pour lui succéder.
Derrière le prestige, une rémunération remarquable
Le poste de premier président à la tête de la Cour des comptes s’accompagne d’une rémunération non négligeable. Si aucune indication précise ne figure sur le site officiel ou dans le projet de loi finances pour l’année 2026, l’analyse du décret n° 2023-482 du 21 juin 2023 permet une estimation fiable. À l’échelon concerné (indice brut 2100), et avec une valeur actuelle du point d’indice fixée à 4,92 euros, le calcul conduit à un salaire brut mensuel autour de 10 332 euros. Cependant, ce montant doit être ajusté en tenant compte :
- des frais de représentation fixés par arrêté,
- d’indemnités variables liées à l’évolution du point indiciaire.
En annualisant et lissant ce traitement – hors indemnités supplémentaires – on atteint ainsi environ 12 258 euros brut par mois, soit près de 147 098 euros annuels. Un niveau équivalent à celui d’autres hauts responsables tels que Sébastien Lecornu, mais toujours sans détail public sur les compléments liés aux indemnités.
L’avenir d’une institution entre tradition et renouvellement
À l’heure où la question du renouvellement générationnel se pose avec acuité dans les institutions françaises, cette arrivée inédite suscite autant d’attentes que d’interrogations. Reste à savoir si ce mandat irrévocable – limité uniquement par l’âge légal fixé à soixante-huit ans – permettra à la nouvelle présidente d’inscrire durablement son empreinte sur la gestion des deniers publics. Pour l’heure, contactée sur ces questions sensibles, la Cour des comptes est restée muette.