Carburant : pourquoi la baisse à la pompe risque de rester limitée

Image d'illustration. Panneau carburants dans une station essenceADN
L’accord entre l’Iran et les Etats-Unis détend le pétrole et les carburants. Mais l’été, puis le détroit d’Ormuz, empêchent un vrai retour aux prix d’avant.
En bref
- Le pétrole recule nettement
- Les prix baissent déjà en station
- Le retour d’avant attendra
Entre le marché du pétrole et le panneau de la station-service, il y a toujours un temps de retard. C’est ce qui se joue ici. L’accord annoncé entre l’Iran et les États-Unis a bien détendu les cours, et les carburants commencent à suivre, mais pas au point d’effacer en quelques jours les hausses des dernières semaines.
Le pétrole recule, la pompe suit sans s’effondrer
Le signal le plus visible vient du Brent, référence du marché. Le baril valait environ 82 euros (94 dollars) le 8 juin. Lundi, il tournait autour de 72 euros (83 dollars). En une semaine, la baisse dépasse donc 10 dollars.
Côté stations, le mouvement existe aussi. D’après les chiffres de la Direction générale de l’Énergie et du Climat, le litre de gazole est passé à 2,014 euros au 5 juin, contre 2,045 euros la semaine précédente. Le SP95-E10, lui, a reculé à 1,958 euro le litre TTC, contre 2,018 euros auparavant.
L’accord apaise le marché, pas encore durablement
Si les cours se sont calmés, c’est d’abord parce que le marché a recommencé à croire à une amélioration de l’approvisionnement. Les déclarations de Donald Trump sur l’imminence d’un accord avec l’Iran, officialisé lundi, ont changé l’ambiance.
Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufipem, parle d’un retour de confiance sur les quinze derniers jours, surtout la semaine passée. Elle ajoute que, mécaniquement, les cotations des produits finis sur le marché de Rotterdam se sont beaucoup détendues. En gros, le brut baisse, les carburants de gros aussi, puis la pompe ajuste.
Sous les 2 euros cet été, mais avec conditions
L’hypothèse avancée pour les prochaines semaines reste mesurée, pas spectaculaire. Sur France Info, Philippe Chalmin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine et fondateur du cercle CyclOpe, estime que les Français passeront probablement l’été sous les 2 euros le litre pour les principaux carburants.
Le gouvernement veut aussi surveiller la répercussion de cette détente. Sur TF1, Emmanuel Macron a indiqué qu’il allait s’assurer que la baisse attendue du pétrole soit bien transmise à la pompe.
Le vrai verrou reste le détroit d’Ormuz
Mais le marché n’a pas vraiment retrouvé son calme de fond. Blandine Ruty rappelle que la demande estivale en essence soutient traditionnellement les cours. L’été aide à consommer plus, donc à faire baisser moins vite.
Et il y a surtout le détroit d’Ormuz. Sur CNews et Europe 1, Michel-Edouard Leclerc a résumé l’enjeu avec une formule très directe, « Pour que ça baisse vraiment et que ça dure, il faut libérer le détroit d’Ormuz ». Philippe Chalmin juge qu’un baril entre environ 52 et 61 euros (60 à 70 dollars) en fin d’année reste possible, mais seulement si l’accord est bien signé vendredi et si le détroit rouvre. C’est là que se joue la suite, bien plus que dans la baisse déjà visible cette semaine.