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Vieillissement : une protéine a rendu des souris âgées plus robustes

Santé > Recherche > Vieillissement > Protéines
Par Morgan Fromentin,  publié le 7 juin 2026 à 9h00.
Santé
Des scientifiques examinent une puce d'intelligence artificielle innovante dans un laboratoire technologique avancé à Pékin.

Image d'illustration. Chercheurs dans un laboratoire high tech de pékin analysant une puce ia futuriste sous un microscopeADN

Une équipe de l’Université de Buffalo a renforcé une protéine chez des souris âgées. Résultat, plus de force, de mobilité et des os plus solides.

En bref

  • Une protéine a amélioré la forme de souris âgées
  • Force, marche et os ont progressé
  • Aucune application humaine à court terme

Le sujet dépasse largement le laboratoire. D’ici à 2050, près d’un quart des Américains auront 65 ans ou plus, contre 58 millions en 2022 et 82 millions attendus. Derrière ce basculement démographique, une question très concrète, garder de la force, de la mobilité et de l’autonomie en avançant en âge.

Pourquoi cette piste intéresse autant les chercheurs

L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Buffalo et publiée dans Aging and Disease, s’intéresse à la protéine TTP, pour tristetraprolin. Son rôle, en partie, consiste à freiner certains signaux de l’inflammation.

Avec l’âge, cette inflammation de bas bruit tend à augmenter. Les chercheurs parlent d’inflammaging, un vieillissement accompagné d’un dérèglement progressif du système immunitaire. Keith Kirkwood, biologiste à l’Université de Buffalo, explique que ces changements liés à l’âge réduisent la résistance immunitaire et augmentent la vulnérabilité aux maladies inflammatoires chroniques.

La protéine TTP agit notamment sur de nombreuses cytokines, ces protéines qui pilotent la réponse immunitaire. Problème, quand elles restent trop actives trop longtemps, elles entretiennent justement cette inflammation chronique.

Ce que la protéine TTP a changé chez les souris âgées

Les chercheurs ont travaillé sur des souris mâles et femelles âgées de 22 mois, en utilisant une lignée génétique dans laquelle TTP était stabilisée, donc davantage exprimée. L’idée n’était pas de créer un traitement, mais de voir ce qui se passe quand cette protéine ne chute pas avec l’âge.

Les résultats sont nets. Les souris concernées ont montré une meilleure force de préhension, une vitesse de marche plus élevée, une meilleure endurance sur tapis roulant et davantage d’activité physique. Selon Keith Kirkwood, elles affichaient aussi un profil immunitaire plus jeune.

Sur le plan osseux, les auteurs ont observé une densité minérale et une épaisseur supérieures, signe d’une microarchitecture squelettique plus solide. Certaines mesures, comme la force de préhension ou l’endurance, se rapprochaient même de celles de souris beaucoup plus jeunes, âgées de 6 mois.

Des effets inégaux selon le sexe

Tout n’a pas progressé de la même façon. Les bénéfices ont été plus marqués chez les mâles, et certains gains, sur la condition physique comme sur l’os, sont restés limités chez les femelles.

L’équipe avance une piste, la baisse des œstrogènes chez les souris femelles âgées. Cette hormone protège les tissus musculo-squelettiques et nerveux, et influence aussi le signalement des cytokines.

Pas un traitement, encore moins pour demain

C’est le point à garder en tête. Il n’y a aucun essai humain en vue à court terme, et la méthode utilisée chez la souris ne peut pas être transposée telle quelle. Les tentatives de criblage de médicaments pour augmenter TTP n’ont d’ailleurs pas encore abouti.

Les chercheurs évoquent malgré tout deux pistes pharmacologiques pour obtenir un effet proche, de petites molécules capables d’activer l’expression d’un gène, ou des modificateurs de phosphorylation qui changent la forme et la fonction des protéines. Prochaine étape, regarder comment TTP agit sur l’inflammation cérébrale liée à l’âge, notamment dans des maladies neurodégénératives comme Alzheimer.

Bref, on n’est pas face à une thérapie prête à l’emploi. Mais cette étude renforce une idée qui prend de l’épaisseur, mieux contrôler l’inflammation chronique pourrait peser sur la fragilité, l’os et plus largement le vieillissement en bonne santé.

Le Récap
  • En bref
  • Pourquoi cette piste intéresse autant les chercheurs
  • Ce que la protéine TTP a changé chez les souris âgées
  • Des effets inégaux selon le sexe
  • Pas un traitement, encore moins pour demain
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