Pale Rider : le western fantomatique qui relance la carrière de Clint Eastwood

Image d'illustration. Pale RiderWarner Bros. Pictures / PR-ADN
ans un Hollywood dominé par les blockbusters, le film Pale Rider redonne au western sa force dramatique.
Tl;dr
- Dans les années 1980, Clint Eastwood relance le western en revenant au genre avec Pale Rider, alors que Hollywood s’en éloigne au profit de la science-fiction et des blockbusters.
- Il y incarne un mystérieux justicier surnommé le Prêcheur, dont l’identité ambiguë et quasi surnaturelle renforce l’aura mythique du film.
- Le film est un succès critique et commercial, salué pour son atmosphère et son efficacité, malgré quelques réserves sur son côté déjà-vu.
Le renouveau du western grâce à Clint Eastwood
Au cœur des années 1980, alors que le western semblait relégué au passé, un homme allait raviver la flamme du genre. Après une décennie marquée par des échecs commerciaux et artistiques, on pense notamment à City Heat, qualifié de « travestissement » par le redoutable Roger Ebert, Clint Eastwood choisit de revenir à ses racines avec Pale Rider. Un pari risqué, tant Hollywood misait davantage sur la science-fiction et les blockbusters modernes.
Pale Rider : le mystère du Prêcheur
Curieusement, bien que certains films précédents comme Bronco Billy ou Honkeytonk Man flirtaient avec l’Ouest américain, aucun ne permettait vraiment à Eastwood de renouer avec ce personnage d’anti-héros taciturne qui fit sa renommée. En 1985, il signe non seulement la réalisation mais aussi le rôle principal dans Pale Rider, endossant l’habit d’un mystérieux Prêcheur. Celui-ci surgit dans la petite ville minière de LaHood en Californie, où la communauté locale subit les exactions du baron Coy LaHood et de ses hommes. Accueilli par Hull Barret, le Prêcheur intrigue : des blessures par balles dans le dos éveillent les soupçons et rappellent subtilement le personnage vengeur de High Plains Drifter. Le titre lui-même, inspiré de l’Apocalypse, laisse planer un doute : Eastwood incarnerait-il ici la Mort en personne ?
L’ambiguïté saluée par la critique
Si l’on regarde du côté des critiques, l’accueil réservé à Pale Rider contraste nettement avec celui réservé aux précédents films d’Eastwood durant cette période trouble. Son Prêcheur affronte non seulement LaHood mais aussi Marshal Stockburn (incarné par John Russell) lors d’un duel final désormais mythique. Le film s’abstient volontairement de dévoiler l’origine exacte de cet étranger justicier ; cette part d’ombre fascine et rappelle le meilleur du répertoire eastwoodien.
La réaction des professionnels fut éloquente :
- 41,4 millions dollars de recettes pour 7 millions dollars investis.
- 94% d’avis favorables sur Rotten Tomatoes.
- L’éloge appuyé de Vincent Canby (The New York Times) pour la « grâce constante et l’esprit » du réalisateur-acteur.
Un western qui marque son temps
Certes, tous n’ont pas été conquis. Rita Kempley (The Washington Post) souligna le côté familier du récit et remit en cause la pertinence du retour du western. Pourtant, ce scepticisme reste marginal : aujourd’hui encore, Pale Rider s’impose comme un pilier du genre dans les années 1980. En redonnant vie au western et à sa propre légende, Clint Eastwood a prouvé que certaines icônes ne meurent jamais vraiment, elles attendent simplement leur heure pour renaître.