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Star Trek: The Next Generation face à l’interdiction de la narration sérielle

Divertissement > Séries TV > Star Trek
Par Jordan Servan,  publié le 28 mai 2026 à 18h00.
Divertissement
Star Trek: The Next Generation

Image d'illustration. Star Trek: The Next GenerationParamount / PR-ADN

Les scénaristes de Star Trek: The Next Generation ont parfois eu recours à une méthode narrative qui déplaisait fortement à la direction de Paramount, provoquant des tensions autour du processus créatif lors de la production de cette série emblématique de science-fiction.

Tl;dr

  • Paramount impose à Star Trek: The Next Generation un format strict d’épisodes autonomes pour faciliter la syndication, limitant la narration sérielle.
  • Malgré ces contraintes, certains scénaristes introduisent des arcs narratifs et des continuités importantes, parfois contre la volonté des dirigeants.
  • Des épisodes clés comme The Best of Both Worlds montrent les limites du format et ouvrent progressivement la voie à une télévision plus feuilletonnante.

Un format dicté par la diffusion télévisuelle

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, l’équipe créative de Star Trek: The Next Generation se heurte à une consigne stricte imposée par Paramount. En clair : interdiction de recourir à une narration sérielle. La plupart des épisodes doivent proposer une intrigue autonome, bouclée en quarante-cinq minutes. Selon les dirigeants du studio, ce format favorise la diffusion en syndication : chaque spectateur peut ainsi s’y retrouver, même en attrapant un épisode au hasard. Les feuilletons sont alors surtout réservés aux soap-operas ; rares sont les productions de prime time à s’aventurer sur ce terrain.

La résistance des scénaristes face à Paramount

Pourtant, derrière les portes closes, l’envie d’explorer des récits sur plusieurs épisodes taraude de nombreux scénaristes. L’exemple de Ronald D. Moore est révélateur. Lorsqu’il écrit « Sins of the Father » lors de la troisième saison, épisode centré sur l’honneur perdu de Worf au sein de l’Empire Klingon, il laisse volontairement l’intrigue ouverte, anticipant un futur développement. Pourtant, comme Ronald D. Moore le rapporte lui-même dans « The Fifty-Year Mission », l’exécutif Rick Berman manifeste une certaine réticence : « Paramount n’aime pas ça ». Néanmoins, face à la puissance dramatique de la conclusion, le scénario reste inchangé. Moore savait que cet arc narratif exigerait une suite, un pari osé dans ce contexte.

L’impact durable de « The Best of Both Worlds » et « Family »

Un autre moment décisif survient avec le diptyque « The Best of Both Worlds », lorsque le capitaine Picard est capturé par les Borgs. Cet événement marque non seulement les téléspectateurs, contraints d’attendre tout un été avant le dénouement, mais aussi les auteurs eux-mêmes. Michael Piller rappelle qu’il a dû argumenter longuement auprès de Gene Roddenberry et Rick Berman pour que l’épisode suivant, « Family », traite explicitement des séquelles psychologiques vécues par Picard après son assimilation par les Borgs. Piller souligne ainsi que pour conserver une approche réaliste du récit, il était impossible de simplement tourner la page d’une semaine sur l’autre.

Voici d’ailleurs ce qui distingue ces épisodes spéciaux :

  • Sins of the Father impose un suivi narratif pour Worf.
  • The Best of Both Worlds, puis « Family », abordent frontalement le trauma du capitaine Picard.
  • L’équilibre se maintient grâce à des sous-intrigues plus traditionnelles (B-plots), permettant aux nouveaux venus de ne jamais être perdus.

L’héritage d’une structure hybride

Ces tentatives isolées n’ont pas bouleversé le format global de TNG, mais elles démontrent comment quelques plumes tenaces ont su contourner les directives pour aborder plus en profondeur la destinée et les failles psychologiques des personnages principaux. Ce fragile équilibre entre exigences industrielles et ambitions narratives a contribué à forger la réputation durable, et parfois inattendue, de TNG, ouvrant doucement la voie à une télévision plus sérielle dans les décennies suivantes.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un format dicté par la diffusion télévisuelle
  • La résistance des scénaristes face à Paramount
  • L’impact durable de « The Best of Both Worlds » et « Family »
  • L’héritage d’une structure hybride
En savoir plus
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