Redressement judiciaire envisagé pour les enseignes Furet du Nord et Decitre

Image d'illustration. Librairie lectureADN
Le groupe Furet du Nord-Decitre, acteur majeur de la distribution de livres en France, traverse une période difficile. Face à une conjoncture économique tendue, l’enseigne a récemment été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce.
Tl;dr
- Nosoli placé en redressement judiciaire, 600 salariés concernés.
- Baisse de 15 % du marché culturel depuis 2021.
- Plan de redressement et restructurations déjà engagés en 2024.
Le groupe Nosoli face à une crise sans précédent
En pleine tempête économique, le groupe Nosoli, maison-mère des enseignes emblématiques Furet du Nord et Decitre, vient de solliciter son placement en redressement judiciaire. La demande, formulée mardi devant le tribunal de commerce de Lille Métropole, intervient alors que le secteur du livre traverse des mois sombres. Si cette décision est avant tout motivée par un « environnement économique particulièrement exigeant », les inquiétudes pèsent lourdement sur l’avenir des quelque 600 collaborateurs du groupe, répartis dans ses 27 librairies.
Une érosion profonde du marché culturel
Selon les données partagées par Nosoli, le constat est sans appel : le marché des biens culturels connaît une chute brutale, avec une contraction des volumes d’environ 15 % depuis 2021. Cette spirale négative s’est accentuée ces derniers mois, entre autres sous la pression d’un pouvoir d’achat affaibli et de transformations rapides dans les modes de consommation. Pour faire face, le groupe n’a eu d’autre choix que d’opter pour la procédure de redressement judiciaire.
Tensions sociales et réorganisations internes
Dans ce contexte déjà tendu, l’inquiétude grandit parmi les salariés. À l’issue d’un comité social et économique extraordinaire tenu à Tourcoing, le délégué syndical CFDT, Franck Brunet, a livré un témoignage mêlant lucidité et prudence : « Les pertes se creusent au fur et à mesure des mois qui passent. » Le responsable évoque notamment une rupture marquée dès décembre dernier, suivie par un début d’année jugé « très compliqué ». Il nuance toutefois : « On va sur un chemin assez escarpé, mais on est toujours vivant. »
Pistes de redressement et avenir incertain
Pour enrayer la spirale, plusieurs axes stratégiques sont mis en avant :
- Diversification des activités, entre ventes hors livre (jeux, loisirs créatifs) et développement numérique ;
- Ciblage accru du secteur professionnel, en direction des collectivités ou universités ;
- Poursuite normale de l’activité, malgré la procédure en cours.
Des mesures concrètes ont déjà été prises début 2024 : suppression de cinquante postes et fermeture de cinq magasins (trois Furet du Nord à Lille, Paris et Beauvais ; deux Decitre à Annemasse et Bezons). Reste à savoir si le plan détaillé attendu dans les prochaines semaines permettra au groupe d’enrayer la tendance. L’an passé encore, Nosoli affichait un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Les prochains mois seront donc décisifs pour cet acteur historique du paysage culturel français.