Manuel Bompard n’exclut pas de faire passer TotalEnergies sous contrôle public

Image d'illustration. Station essence TotalADN
Manuel Bompard, figure de La France insoumise, a exprimé son intention d’envisager la nationalisation du géant pétrolier TotalEnergies, une mesure qui viserait à renforcer le contrôle public sur un secteur stratégique de l’économie française.
Tl;dr
- Nationalisation de TotalEnergies évoquée par Manuel Bompard.
- Bénéfices records, débat sur taxation des superprofits.
- Plafonnement des prix menacé si taxe instaurée.
Bénéfices records et nouvelle polémique
Alors que les regards se tournent vers le secteur de l’énergie, la question de la nationalisation refait surface. Le groupe français TotalEnergies vient d’annoncer un bénéfice historique au premier trimestre 2026 : près de 5 milliards d’euros, soit une progression fulgurante de 51 % en un an. Ce résultat, dopé par l’envolée des prix des hydrocarbures dans un contexte géopolitique troublé, relance le débat sur les « superprofits » et leur fiscalité. La guerre au Moyen-Orient, après celle en Ukraine, pèse lourdement sur la conjoncture.
La nationalisation comme option stratégique ?
Sur ce fond explosif, la proposition de Manuel Bompard, coordinateur de LFI, vient bouleverser la donne. Interrogé lors du « Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos », il a jugé qu’une nationalisation de TotalEnergies était « tout à fait envisageable ». Selon lui, il ne s’agirait pas pour l’État de racheter l’intégralité du capital – estimée à quelque 174 milliards d’euros – mais plutôt d’engager environ 70 milliards. Il a souligné que sur la dernière décennie, ce sont « 100 milliards distribués en dividendes à des actionnaires principalement anglo-saxons », citant notamment le fonds américain BlackRock. Pour l’élu insoumis, un tel investissement pourrait donc être « extrêmement rentable » si les dividendes futurs venaient à rembourser rapidement l’opération.
Vers une reprise en main de l’État ?
Au-delà des chiffres, c’est bien la question du contrôle stratégique qui est posée. Face à la volatilité du marché et aux tensions internationales persistantes, la mainmise publique sur les groupes énergétiques s’invite dans le débat politique. Nationaliser serait une façon, selon certains élus comme M. Bompard, d’assurer une « maîtrise stratégique » pour protéger les intérêts nationaux et garantir la sécurité énergétique.
Conséquences possibles pour les consommateurs
Cependant, tout n’est pas simple. Depuis avril 2023, le groupe a instauré un plafonnement des prix à la pompe – à 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le diesel – dans ses stations françaises. Une mesure appréciée par nombre d’automobilistes, mais que l’entreprise a prévenu ne pouvoir maintenir si une taxe sur les superprofits voyait le jour. Faut-il y voir un avertissement ou une simple réalité économique ? Dans ce climat tendu entre profits privés et service public, le débat est loin d’être clos.