TotalEnergies prévient : une nouvelle taxe mettrait fin au plafonnement des prix

Image d'illustration. Station essence TotalADN
TotalEnergies avertit qu’une éventuelle nouvelle taxe pourrait remettre en cause le plafonnement actuel des prix à la pompe, mesure jusqu’ici maintenue par le groupe pétrolier pour contenir l’impact de l’inflation sur les automobilistes français.
Tl;dr
- TotalEnergies menace d’arrêter le plafonnement des carburants.
- Surtaxe sur profits pétroliers : débat politique relancé.
- Aucune pénurie de carburant prévue, mais hausse des coûts possible.
Un avertissement clair sur le plafonnement des prix
Mardi, dans une interview accordée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a mis les choses au clair : en cas d’instauration d’une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers générés par la guerre au Moyen-Orient, l’entreprise ne pourra « pas maintenir » son actuel plafonnement du prix des carburants en France. Selon ses mots, relayés par la presse régionale : « En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, (…) nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France. » Une déclaration qui résonne comme un message direct adressé au gouvernement, alors que les discussions s’intensifient autour du partage des bénéfices.
Surtaxe sur les multinationales : enjeux et réactions
Depuis quelques semaines, la question d’une surtaxe sur les grandes entreprises pétrolières ressurgit dans le débat public. Si la gauche défend l’idée d’une taxation ciblée sur les « superprofits », l’exécutif préfère jusqu’à présent inciter TotalEnergies à jouer la carte du plafonnement « généreux » pour atténuer l’impact de la flambée des prix à la pompe. C’est ce qu’a récemment souligné le Premier ministre, Sébastien Lecornu, évoquant une redistribution attendue des bénéfices exceptionnels liés à la hausse du brut.
Bénéfices records et perspectives fiscales
Les chiffres sont éloquents : au premier trimestre, TotalEnergies a enregistré 5,8 milliards de dollars de profits, soit une progression spectaculaire de 51 % en un an. De quoi attiser les débats autour du rôle social du groupe. Pourtant, en France, son activité de raffinage était encore déficitaire en 2025, ce qui l’a exemptée jusque-là de la nouvelle surtaxe française imposée aux entreprises dépassant 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Mais si la crise géopolitique persiste, le dirigeant reconnaît qu’il sera « fort probable » que le groupe y soit assujetti dès 2026.
Pénurie écartée, mais vigilance sur les prix
Interrogé enfin sur les risques pesant sur l’approvisionnement hexagonal après avoir évoqué fin avril une potentielle « ère de pénurie énergétique », Pouyanné tempère désormais : « Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement, nous saurons l’approvisionner. » Toutefois, il avertit que si la situation venait à se tendre au Moyen-Orient – notamment si le détroit d’Ormuz devait rester bloqué –, l’absence de pénurie ne garantirait pas un maintien des prix actuels : il faudra importer via d’autres marchés, souvent plus coûteux.
Pour résumer :
- Pas de risque immédiat pour l’approvisionnement français.
- Le coût pourrait néanmoins grimper si la crise perdure.
- L’équilibre entre fiscalité et modération tarifaire reste sous tension.