Sophie la Girafe : son fabricant promeut le « made in France » mais fabrique en Chine

Image d'illustration. Enfant bébéADN
Longtemps perçu comme un symbole du savoir-faire français, le célèbre jouet Sophie la Girafe est en réalité fabriqué en Chine, alors même que son entreprise vante régulièrement ses engagements en faveur de la production française.
Tl;dr
- Production de Sophie la girafe partiellement réalisée en Chine.
- Vulli évoque une situation temporaire liée à son usine française.
- Enquête de la DGCCRF pour suspicion de tromperie sur l’origine.
Un symbole du « made in France » questionné
Depuis plusieurs décennies, la petite silhouette familière de Sophie la girafe incarne, pour beaucoup, le jouet français par excellence. Pourtant, la révélation publiée ce week-end par Mediapart vient bousculer cette image : une part significative de la production serait assurée en Chine. Une affirmation que le dirigeant de l’entreprise Vulli, Alain Thirion, ne nie pas. Au contraire, il précise que « si on nous demandait, on le disait ».
Des retards dans l’usine des Vosges et des choix contestés
Ces dernières années, les difficultés rencontrées dans la montée en puissance de la nouvelle usine de Saint-Nabord, dans les Vosges, auraient contraint l’entreprise à externaliser « la totalité » d’une partie de sa production vers l’Asie. Plus précisément, les girafes dites « nues » seraient fabriquées dans des ateliers chinois, puis acheminées en France où elles sont finalisées et contrôlées individuellement. Selon Alain Thirion, cette étape chinoise reste temporaire : il vise toujours une fabrication intégrale dans l’Hexagone dès que les nouveaux procédés industriels – supposés plus écologiques grâce à l’injection de caoutchouc naturel – seront pleinement opérationnels.
Mediapart pointe un « mensonge made in China »
La controverse prend un tour supplémentaire lorsque Mediapart affirme que cette sous-traitance massive ne date pas d’hier : elle remonterait au moins à 2013, bien avant les problèmes liés à la nouvelle usine. Le média d’investigation dit s’être appuyé sur des photographies d’ateliers chinois et évoque des cargaisons entières arrivant par conteneur avant conditionnement en France dans des emballages mettant en avant leur origine tricolore.
L’administration s’en mêle : vers une clarification du « made in France » ?
Cette polémique a conduit la DGCCRF, la Répression des Fraudes, à ouvrir une enquête pour déterminer si les allégations faites sur l’origine du produit relèvent d’une pratique commerciale trompeuse. Un point crucial alors qu’une fausse mention pourrait entraîner une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires. Interrogée sur ce dossier sensible, l’administration préfère garder le silence tant que la procédure suit son cours.
Pour l’heure, le débat reste vif autour de ce qui définit vraiment un produit « fabriqué en France », alors même que le cas Sophie la girafe illustre toutes les ambiguïtés d’un marché mondialisé…