Moustiques de retour dès février : quelles raisons derrière cette invasion précoce ?

Image d'illustration. Moustique Aedes albopictus au-dessus d'une flaque d'eau. ADN
Le retour précoce des moustiques en février intrigue alors que ces insectes apparaissent habituellement plus tard dans l’année. Cette présence inhabituelle s’explique par des conditions météorologiques exceptionnelles favorisant leur développement anticipé sur le territoire.
Tl;dr
- Moustiques déjà actifs en février, phénomène inhabituel.
- Pluies et douceur hivernale favorisent leur développement précoce.
- Aucune certitude sur une « année à moustiques » pour 2026.
Des moustiques dès février : une situation inédite
Février 2026, Paris. Sur les réseaux sociaux, la question circule, amusée, mais inquiète : « Est-ce que c’est NORMAL de se faire piquer par un MOUSTIQUE en février à Paris ?? ». Derrière l’anecdote pointe une réalité : les premiers moustiques bourdonnent déjà alors que l’hiver n’a pas encore tiré sa révérence, aussi bien dans la capitale qu’ailleurs en France.
Ce phénomène précoce n’est pas le fruit du hasard. L’EID Méditerranée, spécialiste de la démoustication dans le sud du pays, signale avoir observé deux fois plus de larves d’Aedes detritus qu’à la même période l’an dernier, ainsi que des « éclosions généralisées » près du littoral méditerranéen. Un constat partagé par André Palau, membre de l’entité, qui souligne que cette saison commence « sur les chapeaux de roues ».
Les raisons d’une émergence précoce
Qu’est-ce qui explique ce retour si hâtif des moustiques ? Plusieurs facteurs convergent. Tout d’abord, le sud de la France a connu un épisode de pluies continues inédites, avec pas moins de 40 jours consécutifs selon Météo France. Ce record, jamais observé depuis 1959, a laissé derrière lui des sols gorgés d’eau – condition idéale pour que les œufs pondus sur sol sec se transforment en larves à la faveur des inondations récentes.
À ces pluies s’ajoute une douceur exceptionnelle : fin février, des températures dépassant parfois les 25 °C dans le sud-ouest. Selon François Lasserre, entomologiste et vice-président de l’Office pour les insectes et l’environnement (Opie), cette combinaison favorise « l’émergence précoce des moustiques alors qu’on n’est pas sorti de l’hiver ». L’EID Méditerranée relève également que février 2026 se classe parmi les mois de février les plus doux depuis près d’un siècle.
S’attendre à une « année à moustiques » ?
Peut-on craindre un envahissement durable ? Prudence chez les experts. « C’est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions : la situation varie fortement selon les régions », tempère François Lasserre. Même analyse du côté de l’EID Méditerranée, qui rappelle que rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le printemps et l’été seront synonymes de nuisance accrue.
Par ailleurs, plusieurs paramètres – température ou durée du jour – pourraient ralentir la dynamique actuelle. « Dès que le mercure chute ou que les jours restent courts, certains insectes replongent en diapause », souligne encore François Lasserre.
Prévention et perspectives météo
Face à cette situation inhabituelle, vigilance, mais pas d’inquiétude démesurée chez les autorités. Jean-Claude Mouret (EID Méditerranée) affirme disposer d’une « très grande réactivité » pour surveiller ces évolutions rapides selon la météo. Les prochains jours devraient voir alterner pluie et douceur : autant dire que le ballet des moustiques pourrait bien reprendre… mais sans certitude sur la suite à donner à ce scénario exceptionnel.