Le rachat américain de la pépite française LMB Aerospace suscite la controverse

Image d'illustration. L'industrie de l'acier. ADN
Le rachat de LMB Aerospace, entreprise française reconnue dans le secteur aéronautique, par un groupe américain suscite de vives réactions. De nombreux acteurs s’inquiètent des conséquences pour l’industrie nationale et la préservation du savoir-faire hexagonal.
Tl;dr
- Vente de LMB Aerospace à l’américain Loar Group confirmée.
- L’État français garde un droit de veto stratégique.
- Vives critiques sur la souveraineté industrielle nationale.
LMB Aerospace passe sous contrôle américain : la controverse enfle
Alors que la question de la souveraineté industrielle française s’impose dans le débat public, la cession du groupe LMB Aerospace à l’américain Loar Group suscite une onde de choc jusque dans les rangs politiques. Cette entreprise corrézienne, discrète mais stratégique, équipe des fleurons comme le Rafale ou le porte-avions Charles-de-Gaulle avec ses ventilateurs électriques de précision.
Un rachat encadré par des garde-fous étatiques
Malgré la tempête politique, le gouvernement tente de rassurer. À Bercy, on insiste : des conditions « strictes » ont été imposées à l’acquéreur américain afin d’assurer le maintien et la modernisation des capacités industrielles en France. Plus encore, comme l’a détaillé Roland Lescure devant la presse, l’État français détiendra une « golden share », ce qui lui permettra d’opposer son veto à toute décision jugée stratégique. Les engagements portent aussi sur la préservation des contrats sensibles et la poursuite de la production hexagonale.
Tensions politiques et inquiétudes pour la défense
Le transfert du contrôle de LMB Aerospace a rapidement nourri les critiques. Pour certains élus, il incarne une contradiction flagrante entre les discours gouvernementaux sur l’autonomie industrielle et les décisions concrètes. Sur les réseaux sociaux, Jordan Bardella (RN) s’insurge contre une « grande braderie » du tissu industriel national à un moment où le réarmement est jugé crucial. Même tonalité chez sa collègue de LFI, Aurélie Trouvé, qui qualifie ce passage « entre les mains des USA de Trump » de « suicidaire » pour la défense.
Dans ce contexte agité, plusieurs points sont régulièrement soulignés par les observateurs :
- LMB Aerospace réalise déjà 30% de son chiffre d’affaires outre-Atlantique.
- L’entreprise compte seulement 75 salariés, mais fournit des équipements critiques aux armées françaises.
- La région Nouvelle-Aquitaine a soutenu activement la montée en compétence du personnel ces dernières années.
Des questions persistantes sur l’avenir industriel français
La Direction générale de l’armement (DGA) avait pourtant émis un avis défavorable à cette opération sans implication directe de Bpifrance. Pourtant, le ministre a tranché, privilégiant un suivi rapproché plutôt qu’un blocage pur et simple. Faut-il voir dans cette vente un nouveau symptôme du mal français en matière d’industrie stratégique ? Difficile à dire tant les avis divergent – mais nul doute que ce dossier continuera d’alimenter le débat sur l’indépendance technologique tricolore.