X dans le collimateur de l’UE pour contenus illicites et deepfakes sexuels

Image d'illustration. X (Twitter)ADN
La Commission européenne a ouvert une enquête visant Grok, l’intelligence artificielle d’Elon Musk, et la plateforme X, concernant la diffusion possible de deepfakes illicites. Les autorités s’interrogent sur le respect des réglementations européennes en matière de désinformation numérique.
Tl;dr
- L’UE enquête sur X pour vérifier si la plateforme limite efficacement la diffusion de contenus illicites, notamment des images sexuelles créées par IA.
- Les risques pour les citoyens européens sont jugés sérieux, et la Commission veut s’assurer que X respecte le Digital Services Act.
- Le bras de fer avec Elon Musk se renforce, alors que l’Europe intensifie sa surveillance des géants technologiques américains.
Un nouvel examen approfondi de la modération sur X
L’Union européenne s’est récemment penchée, une fois de plus, sur les pratiques de modération du réseau social X, propriété d’Elon Musk. Cette initiative survient après l’apparition d’images sexuellement explicites créées par intelligence artificielle, parmi lesquelles figureraient des contenus relevant de l’exploitation sexuelle d’enfants. Pour la Commission européenne, il s’agit de vérifier si la plateforme a pris toutes les mesures nécessaires pour limiter la propagation de contenus illicites, notamment lors du déploiement de l’outil Grok.
Des risques persistants et une réglementation contestée
Selon la Commission, ces risques liés à la diffusion d’images manipulées auraient bel et bien « matérialisé, exposant les citoyens de l’UE à des préjudices graves ». L’exécutif européen veut ainsi déterminer si X respecte ses obligations inscrites dans le Digital Services Act (DSA). Comme le souligne sa vice-présidente exécutive Henna Virkkunen : « les deepfakes sexuels visant femmes et enfants sont une forme inacceptable de dégradation violente ». L’objectif : trancher si les droits fondamentaux des citoyens européens – en particulier des femmes et enfants – ont été considérés comme « dommages collatéraux » par le réseau social.
L’Europe hausse le ton face à Musk et aux géants américains
Déjà sanctionnée par une amende de 120 millions d’euros (soit environ 140 millions de dollars) pour manquements au DSA, la société dirigée par Musk se retrouve désormais sous pression accrue. Celui-ci n’a pas hésité à qualifier l’Union européenne de « quatrième Reich » et à réclamer son abolition via sa propre plateforme. Ce bras de fer intervient alors que l’Europe intensifie sa surveillance des grandes entreprises technologiques américaines, suscitant parfois l’irritation outre-Atlantique.
D’autres volets sous surveillance renforcée
L’actuelle enquête ne se limite pas à cette affaire d’images générées par IA : elle élargit aussi les investigations entamées en 2023 sur l’algorithme de recommandation et les outils censés freiner la diffusion de contenus illicites sur X. Interrogée sur cette nouvelle offensive réglementaire, la plateforme a réaffirmé son engagement : « X reste déterminé à garantir la sécurité pour tous et maintient une tolérance zéro envers toute forme d’exploitation sexuelle infantile ou contenu sexuel non consenti », a assuré un porte-parole auprès du New York Times.
Difficile, toutefois, d’ignorer que le rapport de force entre Bruxelles et certains géants du numérique ne fait que s’intensifier.