Perte d’odorat : un signe avant-coureur d’un risque accru de mortalité sous cinq ans ?

Image d'illustration. L'odorat. ADN
Des recherches récentes mettent en lumière une corrélation troublante entre la perte de l’odorat et un risque accru de mortalité dans les cinq années suivantes, suggérant que ce sens pourrait servir d’indicateur précoce de santé déclinante.
Tl;dr
- Perte d’odorat : signe précoce de problèmes de santé.
- Un test olfactif simple peut prédire certains risques.
- L’odorat influence nutrition, sécurité et longévité.
L’odorat, ce messager silencieux de notre santé
En y regardant de plus près, il semble que notre nez en dise long sur notre état général. Si l’on associe volontiers l’odorat à la détection des parfums ou à la saveur des aliments, les scientifiques lui attribuent désormais un rôle bien plus central. Une étude récente met en lumière un constat étonnant : une baisse notable de la capacité à reconnaître certaines odeurs courantes pourrait être le signal précurseur de graves troubles de santé — voire annoncer une augmentation du risque de mortalité.
Un test d’odeur simple, mais révélateur
D’après des recherches publiées dans la revue PLOS One, plus de 3 000 adultes âgés de 57 à 85 ans ont été soumis à un test olfactif portant sur cinq senteurs familières : rose, menthe poivrée, cuir, orange et poisson. Le suivi sur cinq ans a révélé que 39 % des participants décédés durant cette période avaient échoué totalement au test initial ; parmi eux, la proportion tombe à 19 % pour ceux présentant une perte modérée, et à seulement 10 % pour ceux dont l’odorat était intact. Ce lien entre baisse olfactive marquée et risque accru de décès n’est pas anodin : perdre l’usage du nez quadruple quasiment ce risque dans les années qui suivent.
Pourquoi l’odorat est-il si crucial ?
Il faut dire que le nez, bien plus qu’un organe sensoriel dédié au plaisir, remplit des fonctions vitales. Historiquement, il alertait nos ancêtres face au danger — aliments avariés ou feux naissants — et influençait même la sélection du partenaire via les phéromones. Aujourd’hui encore, il reste indissociable d’une bonne nutrition : ceux qui perdent l’odorat voient souvent leur appétit diminuer, exposant alors leur organisme à la dénutrition et à l’affaiblissement.
Parmi les symptômes associés au déclin olfactif figurent :
- Maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson ;
- Système immunitaire affaibli, avec un risque accru d’infections ;
- Déséquilibres alimentaires, liés à une perte d’intérêt pour la nourriture.
L’avenir des soins : quand le nez devient indicateur médical
Face à ces données troublantes, certains avancent déjà l’idée d’intégrer systématiquement le test olfactif dans le suivi médical des personnes âgées. Non invasif et peu coûteux, il pourrait signaler précocement une détérioration générale ou cognitive bien avant d’autres symptômes visibles. Évidemment, perdre l’odorat ne signifie pas une issue fatale immédiate ; il s’agit plutôt d’un indicateur précieux incitant à consulter pour écarter toute cause sous-jacente.
Loin d’être un sens accessoire, l’odorat apparaît comme un baromètre intime de notre vitalité. Lorsque ce messager se tait ou faiblit, il vaut mieux prêter attention au reste du corps : parfois, c’est le nez qui sait avant tout le monde ce qui se trame en nous.