Une étude révèle un lien inattendu entre le fait de se curer le nez et la maladie d’Alzheimer

Image d'illustration. Gros plan d un nez d hommeADN
Selon une récente étude, le fait de se curer le nez, une habitude répandue et souvent banalisée, pourrait être associé à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs explorent ce lien inattendu entre geste quotidien et troubles cognitifs.
Tl;dr
- Gratter son nez pourrait favoriser des infections cérébrales.
- Étude sur des souris : lien possible avec la démence.
- Les chercheurs recommandent d’éviter ce geste quotidien.
Un geste anodin, un risque insoupçonné ?
Qui n’a jamais surpris, ou été surpris, à se gratter le nez distraitement ? Ce comportement universel, parfois embarrassant, semble bien plus commun que l’on ne voudrait l’admettre — près de 90 % des gens s’y adonneraient occasionnellement. Or, une récente étude vient semer le doute sur l’innocuité de cette habitude en pointant un possible lien entre ce réflexe et une augmentation du risque de démence.
Quand le nez devient la porte d’entrée du cerveau
Menée par une équipe de scientifiques à l’Université Griffith en Australie, la recherche s’est penchée sur la bactérie Chlamydia pneumoniae. Connue pour provoquer des infections respiratoires, elle a aussi été retrouvée dans la majorité des cerveaux touchés par une forme tardive de démence. Les chercheurs ont observé, chez des souris, que cette bactérie pouvait emprunter le nerf olfactif — reliant les fosses nasales au cerveau — surtout lorsque la muqueuse nasale était abîmée.
En quelques heures à peine, les agents pathogènes atteignent alors le cerveau et y déclenchent une réaction particulière : une production accrue de protéines amyloïdes-bêta. Ces protéines sont naturellement sécrétées pour défendre l’organisme mais tendent également à s’accumuler en plaques — un marqueur typique de la maladie d’Alzheimer.
L’inquiétude grandit chez les scientifiques
À l’heure actuelle, il faut souligner que ce lien n’a été démontré que chez l’animal. L’un des auteurs de l’étude australienne, le neuroscientifique James St John, nuance ainsi : « Nous avons constaté ce phénomène chez les souris ; pour les humains, cela reste à confirmer. » Néanmoins, la rapidité avec laquelle les bactéries envahissent le cerveau interpelle. De plus en plus de chercheurs soupçonnent désormais que certains microbes pourraient profiter du nez comme raccourci vers notre système nerveux central.
Voici ce que préconisent déjà certains experts : Éviter de se gratter le nez ou d’arracher ses poils nasaux, deux gestes susceptibles d’endommager la barrière protectrice naturelle.
Derrière Alzheimer, un puzzle toujours plus complexe
La maladie d’Alzheimer, première cause de démence dans le monde, reste entourée de mystères. Les dépôts amyloïdes sont-ils seulement une réponse immunitaire passagère ou contribuent-ils directement à la dégénérescence cérébrale ? S’il est admis que l’âge constitue un facteur majeur après 65 ans, les chercheurs explorent désormais sérieusement d’autres pistes environnementales — dont ces infections bactériennes venues du nez.
En définitive, même si aucune preuve formelle n’existe encore chez l’humain, cette étude alimente un débat crucial et invite à reconsidérer certains gestes du quotidien… Non sans prudence.