Yaël Braun-Pivet envisage la possibilité d’augmentations d’impôts à l’horizon 2026

Image d'illustration. Calcul, tendances, optimisation. ADN
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a laissé entendre que le gouvernement pourrait envisager d’augmenter les impôts en 2026, sans écarter cette possibilité face aux défis budgétaires à venir.
Tl;dr
- Budget 2026 : hausse d’impôts envisagée.
- Retraités aisés et « super héritages » ciblés.
- Réformes structurelles locales évoquées après 2026.
Vers un budget 2026 sous tension : l’équation des 40 milliards
À l’approche du projet de budget pour 2026, le gouvernement mené par Gabriel Attal fait face à une équation difficile : réunir près de 40 milliards d’euros. Alors que la date butoir du 14 juillet approche pour l’annonce des grandes lignes, la question d’une possible hausse d’impôts s’impose progressivement dans le débat. Si le discours officiel reste prudent, la majorité présidentielle – incarnée notamment par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance) – ne cache plus la nécessité d’élargir le spectre des recettes.
Impôts : entre équité et pragmatisme
Interrogée dans les colonnes des Echos, Braun-Pivet admet que « faire cet effort uniquement par des économies sur les dépenses publiques n’est pas réaliste. Cela ne correspond pas à l’objectif d’équité qui doit être le nôtre. On ne peut pas faire l’impasse sur les recettes et exclure d’emblée toute hausse d’impôts ».
L’élue insiste pourtant sur un principe : privilégier des mesures « ayant le moins d’impact possible sur la croissance ». Parmi ses propositions phares, elle avance l’idée d’une « année blanche », susceptible même de s’étendre au-delà de 2026 selon l’évolution de l’inflation. Ce mécanisme vise à alléger ponctuellement certaines charges, tout en laissant planer une incertitude sur sa mise en œuvre concrète.
Cibles prioritaires : retraités aisés et gros héritages
Certaines pistes se dessinent plus nettement. La présidente de l’Assemblée met en avant plusieurs leviers potentiels pour dégager des marges budgétaires :
- Désindexation de l’impôt sur le revenu et barème CSG sur les retraites
- Mise à contribution accrue des retraités les plus aisés
- Sévérité accrue sur les « super héritages » dépassant 13 millions d’euros
Elle plaide pour « épargner les plus fragiles », mais estime que supprimer l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions permettrait de récupérer jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année. Autre alternative évoquée : aligner le taux maximal de CSG appliqué aux retraités sur celui des salariés.
Le sujet sensible des droits de succession refait également surface. Selon elle, il serait « nécessaire de se pencher sur la taxation des « super héritages » » quand on sait que « 0,1 % des héritiers reçoivent plus de 13 millions d’euros, mais ne paient en moyenne que 10 % de droits de succession ».
Pistes locales et TVA sociale : réformes en vue ?
Sur le terrain des collectivités locales, une attention particulière est portée à la masse salariale, jugée inflationniste ces dernières années. Pour rationaliser ces dépenses, la perspective de véritables réformes structurelles visant à clarifier le fameux « mille-feuille territorial » est avancée pour les années post-2026.
Enfin, concernant une éventuelle hausse de la TVA sociale – sujet sensible s’il en est –, Braun-Pivet, partagée, n’y voit un intérêt qu’à condition qu’elle se traduise pleinement par une baisse du coût du travail.
Au fond, si beaucoup reste encore à trancher avant l’annonce officielle du projet budgétaire, une chose paraît acquise : rares seront ceux qui échapperont au tourbillon budgétaire qui s’annonce.