Réforme des retraites : le conclave s’achève lundi, un espoir pour des avancées tangibles ?
Après plusieurs semaines de discussions intenses autour de la réforme des retraites, les membres du conclave s'apprêtent à clore leurs travaux ce lundi. Les attentes restent vives quant à d'éventuelles annonces concrètes ou avancées significatives.
Tl;dr
- Le « conclave » retraites touche à sa fin.
- Le compromis reste incertain, tensions persistantes.
- La réforme de 2023 n’est pas remise en cause.
Un « conclave » sous tension et sous surveillance
L’épilogue du « conclave » sur les retraites approche. Ce lundi 23 juin, après quatre mois d’échanges parfois laborieux, les partenaires sociaux doivent clore une séquence impulsée par François Bayrou.
À l’arrière-plan, la gauche observe chaque étape, guettant l’issue d’un dialogue dont elle espérait bien plus. En coulisses, la pression n’a fait que monter au fil des semaines, tant les désaccords restent vifs sur des sujets essentiels.
Pessimisme et lignes rouges franchies
Difficile d’imaginer un accord alors que la dernière réunion, le 17 juin, avait déjà nécessité une prolongation in extremis pour éviter un fiasco immédiat. Les déclarations des protagonistes en disent long : côté syndicats, l’inquiétude prédomine. Christelle Thieffine (CFE-CGC) confie ainsi : « Je suis assez pessimiste sur le bilan de cette négociation ». Même tonalité chez Eric Chevée (CPME) pour qui des « lignes rouges, voire écarlates » ont été franchies. Quant à Pascale Coton (CFE-CGC), elle évoque « un chiffon rouge » et admet sa colère après ce qu’elle pensait être la dernière séance.
En face, le patronat avance prudemment. Si Patrick Martin, président du Medef, s’est montré réservé quant à une éventuelle participation lundi, son organisation viendra tout de même déposer une ultime proposition sur la table.
Pénibilité et carrière des femmes au cœur des discussions
Au fond, le compromis semble désormais se jouer autour de deux axes : la prise en compte de la pénibilité – avec notamment les questions de port de charges lourdes ou de postures pénibles – et celle de la carrière des femmes. La revalorisation des pensions selon le nombre d’enfants demeure un point d’accord potentiel. Cependant, reconnaître l’usure professionnelle, c’est là où tout se complique : les syndicats y voient une ouverture aux départs anticipés ; le patronat préfère explorer d’autres voies.
À ce stade, seule la CFDT affiche une relative confiance. Yvan Ricordeau nuance toutefois : « Il reste une séance pour essayer de voir si un atterrissage est possible. » Sa secrétaire générale, Marylise Léon, évoque tout de même quelques « avancées sociales qu’on doit pouvoir concrétiser. »
L’ombre persistante d’une motion de censure
Enfin, difficile d’oublier que ce conclave n’a pas seulement valeur sociale mais aussi politique : lancé après un accord entre Borbayrou et les socialistes pour éviter une censure gouvernementale, il pourrait bien relancer les hostilités parlementaires si aucun terrain d’entente n’émerge aujourd’hui.
Manuel Bompard (LFI) prévient déjà qu’en cas d’absence d’abrogation de la réforme Borne de 2023, sa formation ira jusqu’à déposer une motion de censure – sous réserve d’obtenir le soutien du reste de la gauche. Un suspense qui pourrait durer jusqu’à l’automne prochain lors du vote budgétaire…