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Le gouvernement peut-il réellement bannir les écrans pour les moins de trois ans ?

Société > Éducation > Enfant > Parents
Par Jérôme Nelra,  publié le 16 juin 2025 à 16h00.
Société
Image d'illustration. Un enfant devant un écran.

Image d'illustration. Un enfant devant un écran. ADN

Le gouvernement souhaite proscrire l’usage des écrans pour les tout-petits, affirmant leur nocivité sur le développement des moins de trois ans. Cette mesure ambitieuse soulève interrogations et débats chez les parents, éducateurs et spécialistes de la petite enfance.

Tl;dr

  • Interdiction des écrans pour les moins de trois ans.
  • Pas de contrôle policier chez les particuliers.
  • Nécessité d’un changement sociétal profond.

Une interdiction ferme, mais sans contrôle à domicile

La question peut sembler angoissante : verra-t-on bientôt des policiers ou des gendarmes frapper à nos portes pour vérifier si nos tout-petits regardent la télévision ?

À cette inquiétude, la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, a tenu à apporter une réponse sans ambiguïté. Après avoir officialisé le 15 juin 2025 l’interdiction totale des écrans pour les enfants de moins de trois ans, elle rassure : « Les autorités ne seront pas chez les gens pour vérifier ».

L’émergence d’un nouveau paradigme éducatif

Pour autant, cette mesure s’accompagne d’une volonté affichée : celle d’initier un véritable « changement de paradigme » au sein de la société. La ministre entend faire évoluer les mentalités, considérant désormais qu’exposer un jeune enfant aux écrans devrait être perçu comme on perçoit aujourd’hui la fessée — une pratique tout simplement réprouvée.

Le prochain arrêté concernera notamment les lieux collectifs accueillant les moins de trois ans, mais la cible reste bien plus large.

Des experts saluent la cohérence attendue dans l’espace public

Le monde professionnel applaudit ce virage. Pour Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation numérique (Open), il était temps que la France adopte enfin une ligne claire et cohérente sur l’exposition des plus jeunes aux écrans. Selon lui, « Avec l’usage généralisé des écrans dans les services publics, il fallait harmoniser les pratiques ». Cependant, le défi reste entier au sein même des familles.

Sensibiliser sans culpabiliser : un défi collectif

Si l’interdiction dans les crèches et autres structures constitue un premier pas concret, convaincre les parents demeure essentiel. Malgré plus d’une décennie de campagnes alertant sur les risques pour le développement cérébral des enfants, force est de constater que ces messages peinent à s’ancrer dans le quotidien familial. Face à ce constat d’échec partiel, Thomas Rohmer suggère une évolution du discours : être « moins injonctif et davantage porteur de solutions ». En effet, culpabiliser n’a guère porté ses fruits, surtout auprès des familles socialement fragilisées où l’usage massif des écrans reste une réalité pointée par l’Inserm.

D’ailleurs, proposer des alternatives concrètes s’avère indispensable — ce qui suppose aussi que chaque commune puisse offrir des espaces adaptés : parcs, médiathèques… Or tous n’y ont pas accès. Alors que certains lieux multiplient paradoxalement les politiques « no kids », la société française se retrouve devant un chantier ambitieux : bannir les écrans chez les tout-petits exigera une mobilisation collective bien au-delà du cadre législatif.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Une interdiction ferme, mais sans contrôle à domicile
  • L’émergence d’un nouveau paradigme éducatif
  • Des experts saluent la cohérence attendue dans l’espace public
  • Sensibiliser sans culpabiliser : un défi collectif
En savoir plus
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