Luca de Meo quitte soudainement la direction de Renault après cinq années de mandat

Image d'illustration. Gros plan sur le logo emblématique de renaultADN
Luca de Meo quitte subitement la direction de Renault, mettant un terme à cinq années marquées par d’importants défis pour le constructeur automobile français. Son départ intervient alors que la marque poursuivait sa transformation stratégique.
Tl;dr
- Luca de Meo quitte Renault après cinq ans.
- Il pourrait rejoindre Kering comme directeur général.
- Kering traverse une baisse prolongée de ses ventes.
Un départ marquant pour Renault
C’est un tournant notable pour Renault. Après cinq années à la tête du constructeur automobile, Luca de Meo, dirigeant reconnu pour ses talents de communicant et son flair marketing, a annoncé qu’il quittera ses fonctions le 15 juillet prochain.
L’information, confirmée par le groupe dans un bref communiqué, surprend par son timing et sa portée. Arrivé en pleine tempête, alors que l’entreprise était fragilisée par l’affaire Ghosn et une crise interne sans précédent, ce fils de banquier d’affaires, polyglotte et globe-trotter — douze pays à son actif — avait su redonner souffle au losange.
Un parcours singulier et un bilan salué
Avant son retour chez Renault, Luca de Meo avait déjà marqué le secteur automobile : relance réussie de la Fiat 500 puis redynamisation de Seat au sein du groupe Volkswagen. Chez Renault, il s’est rapidement attelé à accélérer l’électrification des gammes — intégrant aussi bien Dacia qu’Alpine — tout en repositionnant le constructeur sur des segments plus valorisés. «
Pendant cinq ans, Luca de Meo a œuvré pour remettre Renault Group, là où est sa place. Sous son leadership, notre entreprise a retrouvé une base saine… », souligne avec reconnaissance Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration. D’après les derniers chiffres publiés en avril, le chiffre d’affaires du premier trimestre est resté quasi stable (11,7 milliards d’euros), porté par la montée des ventes électriques et hybrides.
Kering : nouveaux défis dans un contexte compliqué
Mais pourquoi ce départ soudain ? À en croire plusieurs sources concordantes, dont Le Figaro et Challenges, Luca de Meo s’apprêterait à prendre les rênes opérationnelles du géant du luxe Kering. Un défi d’envergure : depuis plusieurs trimestres, le groupe présidé par François-Henri Pinault subit une érosion marquée de ses ventes – particulièrement chez Gucci. Les résultats parlent d’eux-mêmes :
- Chiffre d’affaires au premier trimestre 2025 : 3,88 milliards d’euros (-14 %)
- Bénéfice net annuel 2024 en chute libre (-62 %)
- L’action Kering a dévissé de plus de 26 % depuis janvier.
Si Francesca Bellettini ou Jean-Marc Duplaix figurent parmi les successeurs potentiels internes selon Challenges, la piste externe demeure plausible – même si le groupe se refuse pour l’instant à tout commentaire.
Une vague de mouvements au sommet
Le départ de Luca de Meo intervient dans un contexte agité pour l’alliance Renault-Nissan ; Jean-Dominique Senard vient également d’annoncer son retrait du conseil d’administration du partenaire japonais. Autre départ notoire : Pierre Fleuriot quitte lui aussi ses fonctions stratégiques chez Nissan.
Cette série de remaniements signe peut-être la fin d’une époque mais ouvre résolument un nouveau chapitre — autant chez Renault que dans le secteur du luxe tricolore.